Aides européennes aux entreprises : comment en bénéficier ?

Posté mar 17/02/2009 - 07:00
Par admin

Aides européennes aux entreprises : comment en bénéficier ?

Comment bénéficier des aides européennes pour une start-up ou une PME? Ce qui peut être une manne favorisant l'innovation peut également se révéler, pour y accéder, comme un véritable parcours du combattant sur le plan administratif. A l'occasion d'une MiniKonf de l'incubateur Paca Est, mardi à Polytech'Nice, Jean-Marc Bournazel, consultant, a éclairé le chemin. Il a présenté devant une cinquantaine de personnes la cartographie des aides européennes, les programmes phares des PME et la stratégie à adopter pour une entreprise. Nous lui avons posé quelques questions.

 

Dans quels cadres une start-up ou une PME peut raisonnablement prétendre à une aide européenne (projet de développement, innovation, etc.) ?

Jean-Marc Bournazel : "Il y a de multiples possibilités pour une PME et même une start-up, pour obtenir des aides européennes, notamment en Innovation, Recherche ou Développement. On pense généralement au fameux PCRD, le Programme Cadre de la R&D. Mais ce n’est pas le seul, loin de là. Et même au sein du PCRD, il existe des voies transversales très intéressantes pour les PMEs, plus adaptées et moins risquées que les voies traditionnelles. De même, la stratégie sera différente si on veut être parmi les locomotives d’un consortium, ou juste un des wagons du train. Il faut également savoir qu’une PME peut prétendre à des aides hors de son secteur initial, par exemple une société dans les NTIC proposant son savoir faire dans des projets du secteur santé, ou environnement ou sociétal en sciences humaines. Au contraire, le mélange des disciplines est une expérience enrichissante pour les acteurs et dont l’Europe est très friande.

 

Tout se résume en fait dans une règle d’or : ne pas se lancer dans les aides européennes sans définir auparavant une réelle stratégie d’entreprise. L’Europe n’est pas une fin en soi, cela n’a pas de sens pour un entrepreneur. L’aide européenne est un outil puissant, parmi d’autres outils, donc à utiliser habilement pour la mise en œuvre de la stratégie globale de l’entreprise : recherche, développement, mise sur le marché, expansion, recherche de partenaires, innovation, image…"

 

Une start-up ou une PME, peut-elle préparer son dossier seule ou qui peut alors l'aider et à quel coût ?

JMB : "En théorie, oui. En pratique, si elle démarre seule, elle va devoir se forger sa propre expérience, souvent à coup d’échecs et de tâtonnement. C’est possible, mais cela va beaucoup coûter en temps et en déception. En revanche, elle peut raccourcir cette courbe d’apprentissage et augmenter ses chances de réussite en s’appuyant sur des partenaires ou des consultants : les organismes institutionnels type OSEO, les PCN, points de contacts nationaux, les départements de développement économique des collectivités territoriales, surtout régionaux, ou des chambres consulaires, des rencontres avec les responsables à la commission européenne…

 

C’est souvent aussi un centre de recherche ou une autre entreprise, qui s’est déjà frotté à ces montages, qui peut "éduquer" et accompagner une entreprise novice lors du montage d’un projet ensemble… Il existe aussi beaucoup de consultants. Mais comme la règle d’or l’implique, il faut pour les PMEs, souvent fragiles financièrement, des consultants capables d’accompagner l’entreprise dans sa stratégie globale de croissance ou d’accès aux financements, l’Europe étant un des outils, mais pas le seul. Le coût est essentiellement du temps, celui de l’entreprise ou celui des consultants. Il est donc très variable suivant les objectifs stratégiques et l’aide ciblée."

 

Quelles sont les recettes pour avoir les meilleures chances de réussite? La façon dont sont évalués les projets ? En quelque sorte le dessous des cartes ?

JMB : "Comme je l’ai dit, la première chose est de réfléchir d’abord à la stratégie : pourquoi l’Europe ? Quels sont mes objectifs stratégiques ? Qu’est-ce que je cherche ? On peut alors mieux cibler le bons programmes, le bon appel à proposition, et le bon instrument. Ensuite, il faut toujours se rappeler que vous devez résoudre les problèmes de la Commission et non demander à la Commission de financer les vôtres! Il faut donc comprendre exactement les attentes et les objectifs des personnes chargées de la sélection des propositions et de l’utilisation des budgets.

 

A la base, le mécanisme de sélection est le suivant : pour chaque "mesure" à financer lors des appels à proposition, ou des appels d’offres, le responsable européen est en charge d’un budget et d’objectifs précis. Mais c’est un groupe d’évaluateurs indépendants qui se charge de l’étude des propositions et de la sélection. Une bonne proposition doit donc faciliter la tache du responsable, donc être pertinent par rapport à ses attentes et à son budget, mais aussi faciliter la tache des évaluateurs, donc respectant clairement les règles d’éligibilité, et démontrer les 5 points clefs d’un bon projet : la haute qualité et originalité de la proposition, la pertinence technique et stratégique, l’innovation par la démonstration de la création d’un nouveau savoir, la pertinence de chaque partenaire dans le consortium du plus petit au plus grand, et un budget transparent et équilibré avec la démonstration de la capacité du consortium à gérer le projet financièrement et opérationnellement. Cela semble simple et logique, mais cela implique une grande rigueur dans le montage des propositions."

 

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