Après les pillages, Nice se prépare à un samedi sous surveillance maximale

À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, la préfecture des Alpes-Maritimes a interdit toute manifestation dans le centre-ville de Nice et mobilisé 650 policiers et gendarmes dans le département. Les commerçants, qui ont payé un lourd tribut le week-end dernier, bénéficieront d’aides financières annoncées par la municipalité.

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Une semaine après les violences et pillages qui ont marqué la mobilisation du 17 octobre, l’atmosphère reste tendue à Nice. Selon les services municipaux, 22 commerces ont été dégradés dans le centre-ville, et des enquêtes judiciaires sont en cours, avec réquisitions de vidéos de surveillance. Certains magasins sont toujours fermés, à l’image du Micromania de l’avenue Jean-Médecin, tandis que d’autres, comme le magasin de motos Jacky Onda rue Trachel, ont rouvert leurs portes. Le préfet Jean-Marie Girier reconnaît lui-même que le maintien de l’ordre a été difficile pendant neuf heures, avec douze blessés dans les rangs des forces de l’ordre, sans blessés graves parmi les manifestants. (Photo DR : associations et commerçants niçois se sont mobilisés suite aux débordements de la manifestation de samedi).

Face aux craintes de nouveaux débordements, les autorités ont pris des mesures exceptionnelles pour ce samedi 24 octobre. Par arrêté préfectoral, tous les rassemblements, cortèges et manifestations revendicatives sont interdits de 8 heures à minuit dans un large périmètre du centre-ville de Nice : gare, Carré d’Or, place Masséna, avenue Gambetta, Vieux-Nice et port. Le dispositif prévoit 650 policiers, gendarmes et militaires sur l’ensemble du département, dont 450 à Nice, contre 250 lors de la précédente mobilisation. Le RAID sera mobilisé avec un véhicule blindé, des contrôles et des fouilles préventives seront organisés aux abords du périmètre interdit, et le port d’équipements de protection (casques, masques à gaz, lunettes de ski) est interdit jusqu’au 25 octobre. La participation à une manifestation interdite est passible d’une amende de 135 euros, tandis que l’organisation constitue un délit passible de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. 

Le maire de Nice, Éric Ciotti, a également annoncé des mesures de protection renforcées pour les commerçants, qui restent ouverts et accessibles au public. La police municipale sera mobilisée en force avec 280 agents, contre 80 lors du week-end dernier. Sur le plan économique, la Ville mettra en place un fonds de soutien pour les commerces ayant subi une chute de chiffre d’affaires, financé par la Région, le Département et la Métropole. Un fonds d’aide à la sécurisation des commerces complètera ce dispositif : "Pour le recrutement des vigiles ou autre manière de se protéger, nous allons aider à hauteur de 50 % des frais dans une limite de 10 000 euros, soit 5 000 euros d’aide", a expliqué l’édile UDR, qui préside également la Métropole. La CCI sera l’interlocuteur des commerçants. 

Le préfet appelle la population à venir faire ses courses normalement samedi, assurant que le dispositif de sécurité garantit leur protection. L’opposition de gauche critique toutefois l’interdiction de la manifestation, jugeant qu’elle complexifie le travail des forces de l’ordre. La préfecture des Alpes-Maritimes annonce par ailleurs un renforcement du dispositif dans les autres grandes villes du département, sans en préciser les détails. À Nice, un couvre-feu pour les mineurs de 21 heures à 6 heures s’appliquera jusqu’au lundi 26 octobre dans plusieurs secteurs du centre-ville.

 

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