AS Monaco Basket : la chute continue après le refus de la FFBB en Nationale 1
Le club princier, champion de France en titre, joue désormais son maintien au plus haut niveau devant le CNOSF
La descente aux enfers de l'AS Monaco Basket se poursuit. Réuni samedi 12 septembre, le Bureau fédéral de la Fédération française de basket-ball (FFBB) a définitivement refusé l'engagement du club monégasque en Nationale Masculine 1 (NM1), troisième échelon du basket français. Une décision prise en suivant l'avis défavorable de la Commission de contrôle de gestion, qui a constaté que le club n'avait pas été en mesure de constituer un dossier justifiant de la sincérité et de la fiabilité de sa situation financière, en particulier une attestation de certification des comptes qui n'avait pu être fournie, selon l'avocat du club, il y a un peu plus d'un mois. (Photo DR : des joueurs au plus haut niveau).
Un nouveau coup d'arrêt
Ce nouveau refus intervient après l'exclusion de Monaco des championnats professionnels, Élite 1 et Élite 2, pour raisons économiques. La FFBB a estimé qu'aucune mesure dérogatoire ne pouvait être accordée au nom de “l'intérêt supérieur du basket” sans porter atteinte à l'intégrité et à l'équité de ses compétitions, à quelques jours seulement de la reprise de la saison de NM1, prévue le 18 septembre. Une position d'autant plus dure à encaisser pour le club de la Principauté qu'il avait entamé la reconstruction d'un effectif ambitieux pour la troisième division, avec les signatures notamment d'Axel Toupane, Kenny Kasiama et Luka Asceric.
Le CNOSF saisi pour une conciliation en urgence
Face à ce nouveau coup d'arrêt, l'AS Monaco a annoncé lundi 14 septembre avoir saisi le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), pour une conciliation en urgence. Selon son avocat, Me Xavier Le Cerf-Galle, le club s'est tourné vers l'instance olympique avec les documents manquants qui avaient jusqu'alors fermé la porte à une intégration en NM1. Cette conciliation ne constitue toutefois pas une décision de justice : elle peut déboucher sur une proposition de règlement, mais celle-ci ne s'impose pas automatiquement à la FFBB. Compte tenu du calendrier extrêmement serré, ce recours vise avant tout à éviter que la saison 2026-2027 ne démarre sans l'AS Monaco en NM1, ce qui rendrait une réintégration ultérieure beaucoup plus difficile à organiser.
Le risque de perte du statut professionnel
L'enjeu est de taille pour le club de la Principauté. Sans issue favorable devant le CNOSF, la Roca Team perdrait purement et simplement son statut professionnel et basculerait en Nationale 3, la cinquième division française, niveau où évolue déjà son équipe réserve, qui deviendrait alors de fait l'équipe première du club. Une descente qui bouleverserait l'ensemble du modèle sportif et économique de la structure : impossible, dans ce scénario, de conserver le même effectif, les mêmes contrats, ni la moindre participation aux compétitions européennes. Il faudrait reconstruire autour de joueurs amateurs ou semi-professionnels, avec un budget très réduit et un projet de remontée étalé sur plusieurs saisons, face à des équipes régionales comme Golfe-Juan, Bastia, Bandol ou Aubenas.
L'AS Monaco Basket sans championnat pour la saison
Le contraste avec le passé récent du club est saisissant. Triple championne de France (2023, 2024 et 2026), finaliste de l'EuroLigue en 2025 et victorieuse de l'EuroCoupe en 2021, l'AS Monaco Basket se retrouve aujourd'hui sans championnat pour la saison qui débute, après plusieurs mois de graves difficultés financières et un changement de propriétaire de son secteur professionnel survenu cet été. Le 1er septembre, jour de son départ officiel du monde professionnel, le club avait pourtant affirmé vouloir “engager la refondation de son projet sportif, économique et sociétal sur des bases solides et pérennes”, misant notamment sur l'entrée au capital d'un nouvel investisseur européen et un budget prévisionnel estimé entre 4 et 5 millions d'euros, la fourchette haute pour un club de Nationale 1.
Le championnat de troisième division doit de toute façon débuter comme prévu le 18 septembre, avec ou sans la Roca Team. Le recours devant le CNOSF représente désormais le dernier levier institutionnel immédiat dont dispose le club pour espérer éviter la chute en N3 et préserver, au moins partiellement, l'héritage sportif construit ces dernières années sur le Rocher.