Attentat déjoué au carnaval de Nice : la "fausse rumeur" disait vrai

Posté lun 03/11/2014 - 16:53
Par admin

"Le dernier carnaval de Nice aurait pu être un carnage", comme celui du marathon de Boston en avril 2013. Une note de la direction générale de la sécurité intérieure confirme ce qui avait été présenté en mars comme une fausse rumeur. Furieux de ne pas avoir été alerté du danger, Christian Estrosi, le député-maire de Nice, met en cause le Préfet et envisage de l'attaquer devant le Tribunal Administratif.

Attentat déjoué au carnaval de Nice : la "fausse rumeur" disait vrai

"Le dernier carnaval de Nice aurait pu être un carnage. C'est ce que révèle une note de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) qui fait état de plusieurs attentats déjoués par les forces de l'ordre en Île-de-France, dans le Nord et à Nice". C'est ce qu'a ainsi écrit ce matin RTL en faisant état d'un document intitulé "Projets d'actions terroristes en lien avec les filières syriennes", consacré à l'interpellation en début d'année de trois vétérans de la Syrie en pleine préparation d'attentats en France. Une note dont l'existence a été confirmée ce matin par le ministre de l'Intérieur, invité de la station de radio.

L'attentat sans doute le plus avancé

"Tous les jours, les services de la sécurité intérieure démantèlent des réseaux et déjouent des actes qui pourraient être dramatiques", a notamment affirmé Bernard Cazeneuve. Des trois projets ainsi révélés, l'attentat à l'explosif déjoué au carnaval de Nice était sans doute le plus avancé. Lors des perquisitions qui ont suivi l'arrestation d'Ibrahim Boudina en février sur la Côte d'Azur, "les forces de l'ordre ont saisi trois canettes remplies de TATP (triperoxyde de tricycloacétone), un explosif artisanal capable de produire l'effet de plusieurs dizaines de grenades", note RTL. "Tout juste débarqué de Syrie, le jeune homme avait en ligne de mire le carnaval de Nice qui devait démarrer deux jours plus tard. Il envisageait une action aussi spectaculaire que celle menée par Tamerlan Tsarnaïev au marathon de Boston le 15 avril 2013."

De quoi donner froid dans le dos quand on connaît la concentration de foule que les différents corso et manifestations du carnaval suscitent. La photo ci-dessus (capture d'écran sur le site web Nicecarnaval.com) en donne une idée.

Christian Estrosi furieux de ne pas avoir été informé

A la mairie de Nice, cette révélation, n'a pas fait que donner un grand coup de froid dans le dos. Elle a immédiatement suscité une colère rouge du premier magistrat Christian Estrosi qui avait à l'époque parlé de "fausse rumeur", et a ajouté un nouveau motif de discorde avec le préfet Adolphe Colrat. "Je m’étonne d’apprendre l’existence d’une note de la direction générale de la sécurité intérieure indiquant qu’un homme, tout juste débarqué de Syrie, envisageait un attentat à l’explosif lors du dernier Carnaval de Nice", écrit ainsi dans un communiqué le député-maire de Nice.

"Interrogé sur ce sujet par Nice Matin le 27 mars dernier, alors que cette information constituait une hypothèse, j’indiquais « il doit s’agir d’une rumeur puisque le Préfet ne m’a pas demandé de renforcer la sécurité du Carnaval ». Or, c’est avec stupeur que j’apprends aujourd’hui qu’un attentat a bel et bien été déjoué," ajoute le premier magistrat. "Le fait que le Maire de la Ville concernée ne soit pas informé constitue un véritable scandale. Comment est-il possible qu’un tel événement se produise sur la commune de Nice, sans que l’ensemble des moyens utiles à la sécurité publique, notamment la police municipale et les outils de vidéoprotection,  ne soient mobilisés pour protéger les Niçois et nos visiteurs ?"

Un grief de plus contre le Préfet des Alpes-Maritimes

"Je confirme que le Préfet ne m’a pas fait état d’un risque particulier lors du dernier carnaval, ce qui me paraît extrêmement grave. Cela témoigne une fois de plus de l’absence de considération du Préfet des Alpes-Maritimes à l’égard des élus locaux." Et de faire part de ses griefs vis-à-vis du représentant de l'Etat dans le département.

"Dans d’autres domaines, j’ai déjà été amené à dénoncer ce manque d’information et de réactivité de la part de l’Etat et du Préfet, que la ville de Nice subit depuis plusieurs mois. Absence de considération à l’égard des victimes (délais d’attente inconsidérés, dissuasion de porter plainte…), présence d’enfants de trois à treize ans dans les rue du quartier des Moulins sans que l’arrêté couvre-feu que j’ai pris ne soit appliqué, développement d’activités fondamentalistes dans des lieux de cultes clandestins que l’Etat refuse de fermer. Aujourd’hui, je dénonce le fait qu’un attentat soit envisagé sur ma commune sans qu’aucune information ne me soit donnée!"

Rappelant que la loi impose impose que "le maire soit informé sans délai par les responsables locaux de la police ou de la gendarmerie nationales des infractions causant un trouble à l’ordre public commises sur le territoire de sa commune", Christian Estrosi compte "engager auprès du tribunal administratif des actions contre la Préfecture des Alpes-Maritimes qui a méconnu volontairement la loi et ainsi fait peser un risque sur les Niçoises et les Niçois ".

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