Bonus Amadeus : les syndicats envisagent de durcir l'action

Posté lun 17/05/2010 - 16:45
Par admin

Bonus Amadeus : les syndicats envisagent de durcir l'action

Quelque 900 salariés d'Amadeus qui manifestent devant les locaux du groupe à Sophia Antipolis : c'est du jamais vu dans la technopole ! Certes, des mouvements d'humeur avaient déjà été enregistrés dans le centre de recherche et développement du leader des technologies des voyages. Un centre de R&D qui est aussi le plus gros employeur de Sophia (3.100 personnes dont environ 1.000 sous-traitants). Mais la manifestation, cette fois, a pu surprendre par le nombre de salariés qui, vendredi 7 mai, à l'appel de leur intersyndicale CFDT-CGC-CGT-CFTC, ont protesté contre la politique de bonus pratiquée essentiellement en faveur du top management.

 

La CFDT répond point par point aux arguments de la direction

 

Pour les syndicats cependant, la réunion avec la direction, qui a eu lieu le jour même de la manifestation, n'a apporté aucune avancée. Quelles pourraient être aussi maintenant les suites de ce mouvement qui a entrainé l'adhésion d'une grande partie des salariés ? La semaine dernière, ce fut le statu quo. Avec le pont de l'Ascension, il est vrai, beaucoup personnes n'étaient pas présentes. A noter cependant l'envoi d'une lettre à Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie.

 

"Nous avons expliqué ce que nous considérons comme une grave injustice, note Rosine Gomez, représentante CFDT. Il nous a été demandé des sacrifices sur les salaires. Pourtant à l'occasion de la réintroduction en bourse d'Amadeus, plus de 200 millions d'euros de bonus ont été versés en très grande partie au top management. Ainsi, entre un haut responsable de Sophia et sa secrétaire de direction, l'écart pouvait être de 1 pour 1.400 ! La distribution des bonus a montré en revanche qu'Amadeus avait de l'argent à dépenser. Or, pour cette année, il nous est accordé 2% d'augmentation de masse salariale globale alors que nous demandions 3,6% et que ce 1,6% supplémentaire aurait coûté 2 millions d'euros. Cent fois moins que ce qui a été distribué en bonus !"

 

La CFDT, d'autre part, a tenu à réfuter les arguments donnés par la direction et qui ont été publiés dans l'article "Salaires et bonus : les arguments de la direction d'Amadeus" (voir ci contre). Sous le titre "Serions-nous d’ingrats enfants gâtés ? -droit de réponse" la CFDT estime sur son blog que "la Direction d’Amadeus Sophia veut discréditer les revendications des salariés engagés dans un mouvement social, sur fond de menace à l’emploi". Le syndicat réfute aussi un par un les arguments avancés par Jean-Paul Hamon, président d'Amadeus SAS et Executive vice-président développement. Et de conclure que "le rattrapage salarial de 5% demandé par les salariés du groupe nous apparaît tout à la fois très raisonnable, juste et légitime. Comme elle l’a toujours fait, la direction d’Amadeus est attentive aux préoccupations de l’ensemble des salariés et reste à l’écoute, ouverte au dialogue sur les points soulevés par ses collaborateurs. Chiche".

 

Amadeus : 705,3 M€ de chiffres d'affaires (+13,4%) et 128,9 M€ de bénéfice net (+58,1%) au 1er trimestre

 

Pour Stéphane Jouteux, délégué syndical CGT, la demande est aujourd'hui d'une augmentation globale de 5%, d'un bonus d'au moins 20.000 euros pour chaque salarié et de la mise en place de plans d'intéressement négociés avec les salariés. Pour obtenir cela les syndicats, même s'ils prennent en considération les incidences d'Amadeus sur l'emploi sophipolitain, comptent donc augmenter la pression. Ils envisagent même d'aller jusqu'à la grève. Une réunion doit avoir lieu aujourd'hui lundi pour décider des suites du mouvement.

 

Quant aux derniers résultats publiés par Amadeus, ceux du premier trimestre 2010, ils sont excellents. La "locomotive de l'emploi sophipolitain" est en forme. Et on ne peut que s'en réjouir. Les ventes sont en hausse (+9,6% de réservations de billets d'avions) avec un chiffre d'affaires en croissance de 13,4%, à 705,3 millions d'euros tandis que le bénéfice net, lui, progresse de 58,1% à 128,9 millions d'euros. Super. Des chiffres qui, en revanche, n'ont rien pour refroidir les revendications salariales de ceux qui s'estiment aujourd'hui être les grands oubliés des largesses d'Amadeus.

 

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