Cagnes-sur-mer, Signes : les grandes man?uvres Coca-Cola

Posté sam 07/08/1999 - 00:00
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Coca-Cola rachète son usine d'embouteillage de Cagnes-sur-mer. En juillet, le groupe avait annoncé la cession de son usine de Signes (Var) à sa filiale Minute Maid


Coca-Cola reprend en main son embouteillage français. Sur la Côte d'Azur, cette opération s'est traduite par le rachat de la SBGCA (société de Boissons gazeuses de la Côte d'Azur) par le biais de Coca-Cola Entreprise SA. La SBGCA, filiale d'un embouteilleur espagnol, la COBEGA, est implantée à Cagnes-sur-mer depuis 1960. Elle met en bouteille les produits gazeux du groupe destinés aux Alpes-Maritimes et au Var. Au total, quelque dix-huit millions de litres annuels de Coca-Cola, de Sprite, Fanta, etc, sont ainsi traités par les 90 personnes de l'usine cagnoise, pour un chiffre d'affaires de plus de 250 millions de francs.
Ce rachat s'est réalisé conjointement avec la reprise de Sud Boissons S.A., autre filiale de COBEGA qui disposait d'une usine d'embouteillage dans la région de Toulouse (80 salariés). Le groupe Coca-Cola a annoncé que la double acquisition s'était faite pour 614 millions de francs (près de 94 millions d'Euros).

Signes : 50 millions d'euros pour la conversion
Autre opération d'envergure qui avait été annoncé en juillet : la conversion de l'usine de Signes dans le Var qui ne fabriquera plus de concentré de Coca-Cola mais du concentré de jus de fruit pour Minute-Maid, une filiale du groupe.
Cette annonce a ainsi levé les incertitudes qui planaient sur l'avenir de l'usine de Signes (180 employés). Ouverte en juillet 1989, l'établissement avait bénéficié de l'exonération d'impôt sur les sociétés pour dix ans. Cela avait permis au groupe Coca-Cola, murmurait-on localement, de dégager 800 millions de francs de marge pour un investissement initial de 500 millions. Et de craindre la fermeture de l'usine, après 1999, quand l'exonération d'impôt cesserait et rendrait moins intéressante l'exploitation varoire.
Si Coca-Cola, directement, se retire bien de l'usine, il ne l'abandonne pas, puisque c'est une de ses filiales qui la reprend. Signes devrait même pouvoir connaître un accroissement d'activité. Minute Maid veut en faire sa première usine européenne et compte investir 50 millions d'euros pour la reconversion. L'effectif actuel, a annoncé le Pdg Ralph Cooper, resterait au complet pendant la période de transition d'une année et serait ensuite porté à 200 personnes.
Une bonne volonté et une annonce qui ne sont pas forcément neutres. Coca-Cola cherche depuis plus de 18 mois a racheter Orangina qui dispose également d'une usine de concentré à Signes. Et dans le cas d'un rachat d'Orangina, il était naturel de craindre qu'un doublon n'entraine la fermeture de l'usine Coca-Cola de Signes. Le groupe en cédant la place à sa filiale, montre sa volonté d'éviter tout doublon et sa détermination à investir en France….