Cannes : Thales Alenia Space prépare la quête de vie sur Mars
Lors d'une visite presse, Thales Alenia Space a dévoilé les dernières avancées de la mission ExoMars 2028, dont les modèles structuraux viennent de franchir avec succès une étape clé d'essais dans les salles blanches cannoises.
Y a-t-il eu un jour de la vie sur Mars ? C'est à cette question, vieille comme l'humanité, que la mission ExoMars 2028 entend apporter des éléments de réponse. Dirigée par l'Agence spatiale européenne avec la participation active de la NASA, cette mission d'exploration prévoit l'envoi d'un rover européen, baptisé Rosalind Franklin, capable de se déplacer de façon autonome sur le sol martien. Équipé d'une foreuse pouvant effectuer des carottages jusqu'à deux mètres de profondeur, ce véhicule analysera directement sur place, grâce à un mini-laboratoire embarqué, les propriétés chimiques, physiques et biologiques des échantillons collectés , avec l'espoir de détecter d'éventuelles bactéries souterraines, vivantes ou fossilisées, traces d'une vie passée ou présente sur la Planète rouge. Le lancement est prévu entre octobre et décembre 2028 depuis le Centre spatial Kennedy en Floride, pour une arrivée sur Mars programmée en 2030. (Photo ©Thales Alenia Space : les modèles structuraux de la mission prêts pour les phases de tests).
Thales Alenia Space, maître d'oeuvre industriel de la mission
Maître d'œuvre industriel de cette mission au budget de 522 millions d'euros, Thales Alenia Space pilote l'ensemble du consortium et assure l'intégration des différents systèmes. L'entreprise est notamment responsable de la conception du module d'entrée, de descente et d'atterrissage (EDLM), de l'ordinateur de bord, de l'altimètre radar, ainsi que de l'intégration du mini-laboratoire scientifique à bord du rover. Cette responsabilité s'articule avec une solide coopération industrielle européenne : Airbus Defence and Space au Royaume-Uni développe le rover et la plateforme d'atterrissage, Leonardo en Italie fournit la foreuse, ArianeGroup en France le bouclier avant et la protection thermique, OHB en Allemagne le module de transfert, et ALTEC en Italie le centre de contrôle des opérations du rover.
Le bouclier arrière de la capsule et son parachute
C'est précisément à Cannes que se joue l'une des étapes les plus critiques de cette aventure spatiale. Les équipes françaises de Thales Alenia Space y développent le bouclier arrière de la capsule de rentrée atmosphérique et son parachute. Lors de la visite presse organisée le 11 juin, en présence d'Yvan Baillion, directeur des affaires européennes de Thales Alenia Space, de Magali Cornu, responsable de la campagne d'essais à Cannes, et de Jean-Philippe Chambelland, responsable du programme ExoMars en France, l'entreprise a présenté les modèles structuraux de la mission. Ces maquettes, parfaitement représentatives de la configuration du modèle de vol, viennent de compléter avec succès une campagne de tests vibratoires et acoustiques destinée à simuler les conditions les plus extrêmes du lancement, une étape indispensable pour réduire les risques et garantir la fiabilité requise pour une mission d'une telle envergure.
Le "Proto-Flight Model" reviendra à Cannes pour une nouvelle séquence d'essai
Le calendrier des essais s'annonce dense. Après leur passage dans les salles blanches cannoises, les modèles structuraux poursuivront leur parcours de qualification à Turin, avec des essais de chocs, de séparation et des tests structurels statiques. Une fois cette phase achevée, le "Proto-Flight Model", modèle de vol entièrement intégré, reviendra à Cannes pour une nouvelle séquence d'essais : tests sous vide thermique, essais vibratoires et acoustiques, compatibilité électromagnétique et équilibrage dynamique. Autant d'étapes méthodiques qui permettent aux ingénieurs de valider, avant l'assemblage final, le comportement du vaisseau spatial dans chacune des phases critiques de son périple martien, du lancement à l'atterrissage.
L'écosystème industriel azuréen mobilisé
Ce chantier d'exception mobilise également tout un écosystème industriel azuréen. À Grasse, les sociétés Spirit et Avantis ont fabriqué les moyens sols nécessaires à la manipulation du cône de la capsule (adaptateur trolley, chariot de retournement, chariot de transfert ou bâti d'usinage). À Mouans-Sartoux, la société Osmea a conçu et fabriqué le container de transport, tandis que Studiel Mecatronic et AKKA ont fourni des compétences en analyse mécanique et conception assistée par ordinateur. Les grands défis de l'exploration spatiale européenne, c'est une démonstration supplémentaire, s'appuient aussi, jusque dans leurs détails les plus techniques, sur la richesse du tissu industriel d'un territoire.