Cannes, vitrine mondiale du cinéma à l’ère de l’intelligence artificielle
Entre Croisette et Palais des Festivals, le World AI Film Festival va réunir en début de semaine prochaine créateurs, producteurs et experts autour des nouveaux usages de l’IA dans l’audiovisuel. Un festival qui a pris une ampleur internationale mais reste largement ouvert au grand public.
Un événement qui restera peut-être comme avait pu l'être en son temps, le premier Festival du Film ! Cannes accueillera mardi et mercredi 21 et 22 avril la deuxième édition du World AI Film Festival, un rendez-vous appelé à s’imposer comme l’un des temps forts européens sur les liens entre cinéma et intelligence artificielle. Le WAiFF entend montrer que l’IA n’est plus seulement un outil technique, mais un véritable partenaire de création, avec ses opportunités, ses limites et ses débats. Un pari. Projections, rencontres professionnelles, démonstrations et masterclass qui rythmeront ces deux journées au cœur de la Croisette tenteront de montrer que ce pari est réussi. (Photo DR).
Cette seconde édition prend aussi, par rapport à la première une dimension internationale assumée. Le festival dit avoir reçu près de 5.500 films venus de plus de 80 pays, avant d’en retenir 54 pour sa sélection finale à Cannes, dans des formats allant du court au long métrage, du documentaire à l’animation, en passant par les micro-séries et les contenus publicitaires. Cette diversité illustre l’ampleur des usages de l’IA dans la création audiovisuelle, bien au-delà du simple effet d’annonce technologique.
Quelques temps forts sont au programme. Le 21 avril à 20h30, le Théâtre Claude Debussy accueillera la cérémonie d’ouverture, suivie d’un hommage à Claude Lelouch, président d’honneur du festival. La soirée mettra également en avant plusieurs lauréats internationaux et s’achèvera sur une performance de l’IA Symphonic Orchestra accompagnée de cinquante musiciens, signe de la volonté du WAiFF de croiser innovation numérique et émotion artistique.
Le lendemain, les Pro Talks à l’Espace Miramar prendront le relais avec des échanges consacrés aux mutations du scénario, de la production, de la postproduction et des modèles économiques. Les débats devraient aussi aborder les questions de droit d’auteur, d’éthique et de place des créateurs face aux modèles génératifs, au moment où l’industrie du cinéma cherche encore son équilibre entre gain de productivité et préservation des métiers.
La cérémonie de remise des prix, prévue le 22 avril à 20h, viendra clore cette édition placée sous le signe de la montée en puissance de l’IA dans les industries culturelles. Avec la présence annoncée de figures comme Gong Li, Claude Lelouch et Agnès Jaoui, le WAiFF confirme son ambition : faire de Cannes un laboratoire international où se dessine le cinéma de demain.
Un festival largement ouvert au grand publicCe second WAIFF s’ouvre aussi largement au grand public avec l’ambition de faire découvrir comment l’intelligence artificielle transforme déjà la création audiovisuelle et redessine les frontières du 7e art. Au cinéma Les Arcades, sera proposée pendant deux jours une programmation dense accessible grâce à un Pass Arcades gratuit. Courts-métrages, films d’animation, œuvres fantastiques, publicités créatives, programmes jeunesse, premiers films ou sélections internationales venues notamment du Brésil, de la Pologne, de la Corée et de la Chine composeront cette immersion dans les nouvelles écritures de l’image. Plusieurs projections se feront en présence des réalisateurs et des équipes, pour prolonger les séances par des échanges directs avec le public. Des formats longs et événements sont également annoncés, comme Napoléon III – Le prix de l’Audace, Le Masque de Fer en diffusion intégrale ou encore plusieurs avant-premières internationales. Le festival ne se limite pas à la projection d’œuvres. Il veut aussi montrer très concrètement comment l’IA s’invite dans les pratiques de création. Des démonstrations d’outils comme Minimax ou CapCut, des masterclass, des débats et des tables rondes animées avec le partenaire Skolae permettront d’aborder les usages artistiques, mais aussi les enjeux économiques, technologiques et professionnels liés à cette mutation. |