Cintoo 3D, la nouvelle aventure entrepreneuriale du fondateur de Realviz

Figure emblématique avec Realviz du mouvement startup azuréen au début des années 2000, Dominique Pouliquen est revenu à travers Cintoo 3D, une société fondée avec des chercheurs de l'I3S et qui cartonne aujourd'hui sur le marché américain de la construction. Flash sur cette nouvelle aventure qui sera présentée lors de la prochaine Start Up Factory.

Cintoo 3D illustration

Sophia Antipolis l'avait perdu un peu de vue Dominique Pouliquen. Le fondateur de Realviz, une spin off d'Inria, avait été l'une des figures emblématiques et un des animateurs du mouvement startup au début des années 2000. Il avait très bien réussi. Realviz, qui s'était imposé dans les logiciels de traitement d'images, avait été revendu en mai 2008 à Autodesk un des géants américains du secteur. Pour l'histoire, AutoDesk s'est retiré de la technopole après quelques années, mais le savoir-faire n'a pas été perdu : l'équipe a été reprise par Bentley systems qui a ouvert un labo de R&D à Sophia, labo qui occupe actuellement une trentaine de personnes sur des logiciels 3D pour les infrastructures de la smart city.

Parti aux Etats-Unis avec Autodesk

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Dominique Pouliquen

Dominique Pouliquen, quant à lui, était resté à Sophia jusqu'en 2012 pour piloter un centre désormais sous le nom d'Autodesk puis est parti à San Francisco aux Etats-Unis pour monter, toujours pour le géant américain, une structure de "Reality Capture". Il est resté ainsi 8 années avec Autodesk, suivant le déménagement du groupe quand il a quitté la Californie, pour s'installer en Floride à Miami. Et c'est en Floride que s'est développée l'aventure Cintoo 3D, lancée sur deux pôles : Sophia Antipolis et les Etats-Unis.

Il a apporté un marché à la remarquable technologie de Cintoo 3D

"Si je vis aux Etats-Unis avec ma famille, j'ai gardé toutes mes attaches avec la Côte d'Azur. Et suite à une rencontre avec des chercheurs de l'I3S, une réflexion s'est engagée", explique Dominique Pouliquen. Il s'agit de Denis Thibaudin, Marc Antonini, Leonardo Hidd Fonteles et Anis Meftah qui avaient fondé Cintoo en 2013. "Ils avaient créé une superbe technologie de compression de données 3D, mais recherchaient des débouchés industriels. Je m'y suis intéressé d'abord comme Business Angel, puis à temps plein. A travers Autodesk, je connaissais bien le marché de la construction et j'ai cherché aux applications que pouvais avoir Cintoo 3D sur ce marché. Nous avons trouvé. Maintenant, Cintoo 3D ne vend plus une technologie, mais une solution, un produit taillé pour le monde de la construction."

"Cette solution en mode SaaS convenait particulièrement bien pour le marché américain. La première commercialisation a démarré en 2019 et aujourd'hui Cintoo compte 150 clients chez les grosses entreprises de construction américaines et fait 80% de son chiffre d'affaires aux USA. Sa force ? Nous proposons une plateforme collaborative de gestion, visualiation, partage et distribution des données issues des scans laser terrestre. Ce sont des données massives et très lourdes à charger. La technologie qui a été implantée dans la plateforme Cintoo Cloud, permet le management, partage, distribution et visualisation de ces données."

Un second marché avec le "jumeau numérique"

"A partir de cela, nous avons découvert un second marché : celui du "jumeau numérique" qui peut s'adapter à d'autres industries comme l'automobile, le manufacturing, le pétrole". Ce qui ouvre beaucoup de perspectives pour Cintoo 3D qui avait réussi une seconde levée de fonds (1,5 M€) fin 2019. La startup, qui vit sur un mode de rémunération récurrent (les revenus de sa plateforme SaaS) compte aujourd'hui une vingtaine de personnes (15 à Sophia Antipolis avec la R&D et 5 en Floride) peut maintenant envisager de passer à la vitesse supérieure avec un objectif de doubler ses effectifs dans les 18 prochains mois.

La nouvelle aventure entrepreneuriale que Dominique Pouliquen présentera vendredi 19 mars à 18h30 à la prochaine Start Up Factory prend forme.

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