Coup d'éclat de Pierre Laffitte à l'assemblée de CAD

Posté ven 29/03/2002 - 00:00
Par admin

Lors de la réunion annuelle de Côte d'Azur Développement, le père de la technopole est monté au créneau pour défendre la Fondation Sophia Antipolis qui estime faire les frais de la nouvelle donne institutionnelle.

L'événement de l'assemblée générale de CAD (Côte d'Azur Développement) qui s'est déroulée mercredi 27 mars en fin d'après-midi sous la présidence de Jean-Pierre Mascarelli, n'était pas programmé. Ce n'était pas le coup de pouce conséquent accordé en 2002 au budget de cette organisme de promotion économique du département (3,6 millions d'euros en 2002 dont 3,2 millions apportés par le Conseil général par rapport à 3,2 millions d'euros l'an dernier dont 2,8 du Conseil général).Ni le débat sur les rapports entre l'institution départementale et les nouvelles communautés d'agglomération auxquelles le pouvoir économique revient désormais de par la loi. Un débat qui est resté limité à la Communauté d'Agglomération de Nice Côte d'Azur et à des déclarations de principes."C'est Sophia Antipolis qui a contribué aux finances du département"L'événement, c'est le sénateur Laffitte qui l'a créé en prenant la parole pour défendre la Fondation Sophia Antipolis avant le départ des "ténors" comme il l'a souligné lui-même (Christian Estrosi, vice-président du Conseil Général et Francis Perugini, président de la CCINCA qui avaient à quitter la salle avant la fin de la réunion).Certes, le discours est toujours resté diplomatique avec, en entrée, un coup de chapeau au Conseil général. Il a compris, lors de la création de Sophia Antipolis il y a plus de trente ans, "que la matière grise était une donnée essentielle dans l'industrie moderne, à une époque où l'on pensait en terme de XIXème siècle et d'industrie lourde type Fos-sur-mer".Mais derrière les fleurs, quelques brêches étaient ouvertes dans le consensus général. "En revanche, je ne suis pas d'accord sur un point : ce n'est pas le Conseil général qui a supporté Sophia. Au contraire. C'est Sophia Antipolis qui a contribué aux finances du département à travers l'activité générée par la technopole et les taxes reversées."Et d'ajouter que Sophia Antipolis, c'est d'abord plus d'un millier d'entreprises ainsi que des centres de recherche et des organisations, le tout pour des milliers de personnes qui travaillent sur le parc et qui, à l'intérieur de leur organisme (l'ETSI, l'INRIA, Eurécom, l'Ecole des Mines) ou de leur entreprise (Compaq, Amadeus, Thales, etc) contribuent à entretenir l'image de Sophia. Toute cette population sophipolitaine qui assure le rayonnement de la première technopole européenne mais qui est souvent oubliée dans les débats.Déjà un premier licenciement économique à la FondationLe père de la technopole rappelait aussi que, depuis la création du parc scientifique, la Fondation Sophia Antipolis avait contribué à porter cet esprit sophipolitain et à établir le concept permettant le développement de la technopole. Or la Fondation traverse des moments difficiles ayant été coupée depuis le début de l'année de certains de ses financements. Elle a dû ainsi procéder en janvier à un licenciement économique et risque d'avoir prochainement à engager un second licenciement.Dans la nouvelle donne instutionnelle, CAD a vu ses prérogatives s'élargir (le comité a été notamment chargé de la communication du parc), son budget grandir, tandis que la Fondation était laissée sur la route. Une mise à l'écart qui risque de peser sur l'avenir de Sophia, estime le sénateur Laffitte.Le problème actuel ? Il découle en fait du changement institutionnel qui s'est opéré depuis le 1er janvier 2002 avec l'entrée en fonction de la CASA (Commutauté d'agglomération Sophia Antipolis). Globalement, la FSA (Fondation Sophia Antipolis) forte d'une douzaine de permanents auxquels s'ajoutent des stagiaires, tourne sur un budget d'environ 1,2 millions d'euros. Ses recettes proviennent pour 500.000 euros de ses actions de formation dans le domaine des NTIC, en collaboration avec l'ANPE et d'autres organismes institutionnels; pour 220.000 euros de subventions de la Région; pour 300.000 euros d'un financement du Conseil général dans le cadre d'une convention globale pour la marque Sophia Antipolis et des actions d'animation. Le reste provient de diverses conventions (avec la Polynésie, avec France Telecom pour les usages du haut débit, etc).Le flou entre Symisa et CASAC'était le Symisa (Syndicat mixte de Sophia Antipolis) qui avait été chargé par le Conseil général d'assurer le versement des 300.000 euros. Or, le Symisa n'ayant plus d'existence légale au 1er janvier 2002, la FSA s'est retrouvée dans le flou le plus total avec aucune réponse ni du côté du Conseil général, ni du côté de la CASA qui met en place actuellement ses propres structures. "La Fondation disposait d'un budget plus important au début, du temps de Savalor", explique aujourd'hui Pierre Laffitte. "C'est grâce à cela que nous avons pu bâtir Sophia Antipolis et le faire connaître de par le monde."La Fondation pourtant continue son action. Depuis deux ou trois ans elle multiplie d'ailleurs les initiatives avec le Club Sophia Start-up, Sophia Business Lab, les petits-déjeuners d'entreprises, les accueils de délégations étrangères, les colloques de très haut niveau, etc. Et elle compte bien continuer à porter l'esprit de Sophia. Par son coup d'éclat, en pleine assemblée de CAD, le sénateur Laffitte a montré que de son côté, il n'est pas prêt à baisser les bras !

Jean-Pierre  Largillet

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