Crash d'Air Lib : le "Nice-Paris" déséquilibré

Posté sam 08/02/2003 - 00:00
Par admin

Avec 11 vols quotidiens Nice-Orly, la "low cost" française pesait près de 40% du trafic de cette ligne. La CCI NCA, gestionnaire de l'aéroport, a réaffirmé hier la nécessite d'une concurrence et le maintien des créneaux horaires d'Air Lib sur cet axe vital pour la Côte d'Azur.

Le crash d'Air Lib, qui semble désormais inéluctable, c'est d'abord une catastrophe humaine. Environ 3.200 personnes en France vont perdre leur emploi dont une centaine à Nice, (81 emplois directement Air Lib et 20 pour Air Lib Tech, la filiale de maintenance). C'est aussi un sérieux problème pour les passagers qui ont payé leurs billets et qui se trouvent ainsi complètement en rade. Jeudi, sur l'aéroport de Nice Côte d'Azur, les passagers d'Air Lib ont pu partir pour la plupart sur des vols d'Air France de la mi journée en bénéficiant d'un tarif doux (autour de 50 €). Mais ce report ne sera pas toujours possible. Il le sera d'autant moins dans les jours qui viennent que les vacances de février de la zone parisienne approchent et que les vols d'Air France vont être de plus en plus remplis. Difficile en effet de combler au pied levé le déficit de onze liaisons Nice-Orly quotidiennes qui jusqu'à mercredi minuit étaient assurées par Air Lib Express.9% du trafic total de l'aéroport de NicePour l'aéroport Nice Côte d'Azur, le crash d'Air Lib est également un très mauvais coup. La compagnie se positionne à la troisième place en terme de trafic avec 866.000 passagers en 2002 (838.000 sur Paris et 18.000 sur Lille, Toulouse et Metz). C'est 9% du trafic total de l'aéroport niçois qui s'affaisse d'un seul coup et près de 40% du trafic sur Nice-Orly! Jeudi aussi, la CCI NCA est montée au créneau. Lors d'une conférence de presse organisée au Terminal 2, avec rendez-vous fixé au comptoir vide d'Air Lib, la Chambre, gestionnaire de l'aéroport, a donné sa position.Il serait possible de la résumer ainsi : notre marge de manoeuvre dans cette affaire est extrèmement réduite, mais nous voulons qu'une concurrence puisse subsister sur la première ligne européenne en nombre de passagers (3.165.000 passagers en 2002 dont 2.257.000 sur Orly et 908.000 sur Roissy). La CCI, comme d'ailleurs tous les usagers de la ligne Paris-Nice se souviennent d'ailleurs bien que pendant plus d'un an, de la mi 99 à la fin 2000, quand la concurrence s'était émoussée, le prix moyen du billet avait remonté en flèche."Nous attendons de connaître le sort d'Air Lib", notait ainsi Dominique Estève, vice-président de la CCI NCA qui représentait Francis Perugini, le président, actuellement en déplacement. "Mais nous souhaitons conserver une offre diversifiée et concurrentielle sur la Côte d'Azur pour que chacun puisse trouver des tarifs à sa bourse." Pour Hervé De Place, le directeur de l'aéroport, une compagnie "low cost" à côté d'une compagnie traditionnelle correspond bien aux besoins du transport aérien et de la ligne Paris-Nice. Dans l'immédiat, un problème se posera pour les voyageurs. "Le délai est très court pour les vacances de février. Pour combler le déficit de onze vols quotidiens, il faut des avions disponibles. Si pour les vacances de Pâques nous pouvons espérer que des solutions soient mises en place, une réelle préoccupation existe aujourd'hui pour des personnes qui ne pourront pas prendre l'avion comme prévu."Maintenir l'ensemble des créneaux de la ligne Nice-ParisDans un communiqué, la CCI a ainsi précisé cette position. Elle "se déclare très préoccupée par les informations actuellement en sa possession. Elle met en place toutes les mesures d'informations pour les passagers. La Chambre de Commerce et d'Industrie Nice Côte d'Azur est prête à se mobiliser pour aider l'éventuel accompagnement des salariés d'AIR LIB au cas où la compagnie cesserait définitivement ses activités. Elle insiste sur l'importance de maintenir l'ensemble des créneaux de la ligne NICE-PARIS". La CCI souligne que "cette compagnie et avant elle, Air Liberté et A.O.M. ont écrit une page importante du développement du trafic aérien sur la Côte d'Azur et ont permis à une nouvelle catégorie de clientèle d'accéder au transport aérien".Et de rappeler en conclusion "la nécessité de maintenir l'ensemble des créneaux sur l'axe Nice-Paris qui correspond à un besoin et à une attente forte de la part des passagers et de l'économie azuréenne. C'est la position qu'a affirmée la Chambre de Commerce et d'Industrie Nice Côte d'Azur à maintes reprises depuis avril 2001".

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