Crise : ce que les entreprises peuvent attendre du plan de relance

Posté ven 13/02/2009 - 14:05
Par admin

Crise : ce que les entreprises peuvent attendre du plan de relance

 

Photo : A la tribune, de gauche à droite, Jean-Louis Baume (V-P CCI), Laurent Lachkar, président UPE06, Francis Lamy, préfet, Dominique Estève, président CCI et Paul di Natale (V-P CCI).

 

Où en est la crise économique dans les Alpes-Maritimes ? Si apparemment la "casse" reste pour l'instant limitée dans un département où domine l'économie de services, l'inquiétude n'en est pas moins forte chez les chefs d'entreprise. D'autant plus que les nuages menacent. En témoigne l'affluence qu'il y avait mercredi soir au siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Nice Côte d'Azur pour la réunion du Club des Ambassadeurs, sur le thème du mode d'emploi du plan de relance à l'usage des entreprises.

 

L'exemple de la médiation bancaire

 

Les effets de la crise en effet ont tendance à se renforcer. Avec un petit décalage par rapport au plan national, le ralentissement économique se confirme dans le département touchant notamment le bâtiment, l'immobilier, la restauration ou encore le commerce de détail. Philippe Jeannel, directeur de la Banque de France en charge de la médiation du crédit dans le département, note par exemple que la tendance était à l'accélération pour le nombre de demandes de médiations bancaires. Depuis l'ouverture de la médiation bancaire à la mi-novembre ce sont 97 dossiers qui ont été ainsi déposés dont quarante pour le seul mois de janvier.

 

La situation du crédit aux entreprises ? Dans 61% des cas, les encours de crédit traités en médiation sont inférieurs à 50.000€ et concernent à 87% des entreprises de moins de 10 salariés. Pour 10%, ils dépassent 500.000 euros. Il s'agit d'entreprises qui relèvent des secteurs des services (41%), du commerce (32%), du BTP (20%) et de l'industrie (7%). Des chiffres en concordance avec le tissu économique local fait de TPE et de PME majoritairement.

 

Quant aux problèmes de crédit rencontrés, ils viennent pour la plupart (près de 80%) de difficultés bancaires touchant de lignes de découvert ou d'autre financement court terme. Sur l'ensemble de ces dossiers, 23 ont été instruits et sont désormais clôturés en médiation avec, pour 65% d'entre eux, un succès de l'opération ce qui a permis de sauver une centaine d'emplois. Quelque 66 dossiers restent en cours.

 

Les services de l'Etat se montrent bienveillants et coopératifs

 

Mais cette médiation bancaire n'est que l'un des volets mis en place pour atténuer le choc de la crise. Ainsi que l'avait déclaré Francis Lamy, préfet des Alpes-Maritimes, en ouvrant la réunion avec Dominique Estève, président de la CCI,  le gouvernement a pris des mesures d'une ampleur sans précédent pour faire face à une crise qui est peut être la plus grave que l'on ait connu depuis les années 30. Des mesures dont un volet concerne les entreprises. Ce sont ces mesures de soutien prises en matière de fiscalité, crédit, trésorerie, marchés publics qui ont été déclinées par les différents intervenants.

 

Bernard Peiclier, directeur des services fiscaux, a ainsi présenté les mesures fiscales : report en arrière des déficits, excédents d'acomptes d'impôt sur les sociétés, remboursement des crédits de TVA. Guylaine Assouline, Trésorier Payeur Général, a parlé du fonds de compensation de la TVA et de la réduction des délais de paiement des collectivités locales et de l'Etat. Yves Ripert, Directeur départemental de la concurrence, consommation et répression des fraudes a évoqué les changements dans le code des marchés publics et la réforme des délais de paiement. Françoise Buffet, directeur du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, s'est attachée aux politiques de ressources humaines en période de crise, politique à mener pour éviter la perte de compétences et traverser la mauvaise passe.

 

Bref, dans toutes ses composantes, l'Etat se montre attentif, coopératif, bienveillant pour éviter que les entreprises ne soient asphyxiées par manque de liquidités. Alors qu'il nous est annoncé le pire pour 2009, les entreprises azuréennes en auront sans doute bien besoin.

Salle pleine dès le début de la réunion pour cette présentation du plan de relance à l'usage des entreprises.

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