Le maire de Cannes David Lisnard se rend ce jeudi 2 juillet à l'UNESCO pour ce qu'il estime être sa septième ou huitième réunion en défense de la candidature de l'île Saint-Honorat au patrimoine mondial. Portée par la Ville de Cannes avec le soutien de l'abbaye de Lérins, cette candidature figure sur la liste indicative nationale française depuis 2021 et a déjà franchi deux auditions favorables devant le comité national en 2023 et 2024. Depuis 2014, Cannes s'est appuyée sur un comité scientifique de spécialistes du patrimoine pour démontrer la Valeur Universelle Exceptionnelle de ce site monastique fondé au Ve siècle, l'un des plus anciens d'Occident encore en activité. "On a fait un travail scientifique très intense", souligne le maire, qui se dit confiant sur l'issue du dossier, tandis que le plan de gestion du site reste à finaliser avant la soumission officielle à l'UNESCO.
Cette démarche institutionnelle s'accompagne d'actions concrètes de préservation, à commencer par la restauration de la tour-monastère fortifiée, monument historique classé depuis 1840. Engagé en 2020 et mené par tranches successives (mise en sécurité, restauration du clos et couvert, restitution de toitures, traitement du cloître et des intérieurs), ce chantier de plus de 7 millions d'euros s'est achevé après six années de travaux, avec une réouverture au public programmée ce début juillet. La protection du site a par ailleurs été renforcée sur le plan réglementaire, avec son inscription au titre des Monuments historiques en septembre 2025 et un avis favorable à son classement intégral. Autant d'éléments qui, selon le préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux, doivent désormais permettre d'accueillir “plus de visiteurs à Saint-Honorat, mais avec une approche apaisée et maîtrisée”, alors que la communauté des 23 moines a traversé une année 2025 financièrement difficile, marquée par des licenciements économiques.