Etats Généraux de l’Industrie : les incroyables ratés de la Com

Posté sam 16/01/2010 - 11:50
Par admin

Etats Généraux de l’Industrie : les incroyables ratés de la Com

Initiés par Christian Estrosi le 15 octobre dernier, les Etats Généraux de l’Industrie revêtent une importance considérable aux yeux du Ministre de l’Industrie puisque, à partir du diagnostic des faiblesses de l’industrie française, ils sont censés faire émerger, après une large consultation de tous les acteurs industriels, de nombreuses propositions pour redorer sa compétitivité et permettre une véritable révolution industrielle.

Christian Estrosi avait souhaité que ce large débat irrigue l’ensemble des régions françaises et tenu à ce que la clôture de cette première phase se déroule pour ainsi dire à domicile à Sophia Antipolis, où il devait annoncer les premières mesures qu’il entendait prendre pour que la France retrouve une grande force industrielle sans laquelle la sortie de crise serait très difficile.

Mais à trop vouloir maîtriser et verrouiller la communication, il arrive que les meilleures intentions se transforment en véritable fiasco. Ainsi bizarrement, pour cette restitution des travaux menés en PACA, la presse n’a d’abord été conviée qu’à une conférence de presse à l’issue de la manifestation. Conférence de presse utile, mais dont l’intérêt est plus grand si l’on a assisté à la manifestation, ce que l’on a donc demandé à pouvoir faire. Le service de presse nous a alors répondu que la manifestation ne serait pas médiatisée. Le lendemain, nous recevons tout de même par un autre canal, une invitation à participer à la réunion. Nous nous y rendons donc et les quelques journalistes présents se voient alors refuser le droit d’entrer dans la salle. Pire, la journaliste économique de Nice Matin, invitée à entrer par l’un des organisateurs, se voit quelques minutes après, expulser de manière fort peu cavalière.

Une demi heure après, la situation évolue avec l’arrivée d’un nouveau groupe de journalistes parvenant à joindre à l’intérieur de la salle une personne à l’esprit clairvoyant et disposant d’assez de pouvoir pour débloquer la situation. Les journalistes sont alors invités à rentrer par l’arrière de la salle et découvrent d’ailleurs que des rangs pour la presse étaient prévus.

Le contenu des échanges, de qualité un peu inégale mais ayant le mérite de donner une idée des travaux menés dans la Région au sein des 7 ateliers thématiques, était somme toute assez classique et l’on se demande bien pourquoi l’on avait songé à exclure la presse de cette réunion. Une réunion clôturée par le discours de Christian Estrosi qui a réaffirmé sa foi en l’avenir de l’industrie, vers laquelle il souhaite que les jeunes se réorientent plutôt que d’aller vers la Finance ou l’Economie virtuelle.

Pour que la France réussisse sa révolution industrielle, il souhaite mettre en place une politique de filières où les relations entre les grands industriels et les sous traitants seraient revues. Pour lui, l’industrie française doit également plus miser sur la qualité que sur les coûts, et il souhaite encourager une politique de relocalisation, réaffirmant au passage son refus de voir un groupe comme Renault délocaliser en Turquie la production de nouvelle Clio.

Sans préjuger sur les conclusions finales de ces Etats Généraux, le Ministre de l’Industrie a tout de même dévoilé qu’il souhaitait encourager la réorientation de l’épargne détenue par les compagnies d’assurance vers l’industrie, ainsi que la création d’une Banque de l’Industrie.

Un discours donc assez riche et hélas pas toujours maîtrisé, ce qui a entraîné de nombreuses longueurs nuisant à la clarté du propos. Des longueurs qui ont mis en péril l’agenda prévu, puisque alors que l’on venait de nous inviter à rejoindre le Ministre à la fin de son discours pour la conférence de presse, celle-ci fut annulée au dernier moment avec une totale désinvolture. Ainsi, pour une manifestation qui devait mettre en valeur son action, le Ministre de l’Industrie, par une succession de maladresses était parvenu à mécontenter toute la presse.

 

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