ETSI à Sophia : au coeur de la révolution télécom de l'Europe

Posté lun 18/08/2003 - 00:00
Par admin

L'European Telecommunications Standards Institute fête cette année sur la technopole ses quinze ans d'excellence dans la standardisation. Quinze années marquées par une belle gamme de succès (GSM, DECT, TETRA, 3GPP, DVB) qui ont propulsé l'Europe des télécoms au premier plan mondial. Devant même les Etats-Unis...

L'ETSI (the European Telecommunications Standards Institute) fête cette année à Sophia Antipolis ses 15 ans d'excellence dans la standardisation. Quinze années au cours desquelles il s'est révélé comme le coeur de l'Europe des télécoms. Né en effet de la volonté de l'Union européenne de réaliser le marché commun par l'établissement d'un libre commerce entre ses membres, il a mené sa mission au delà des espérances. Avec notamment le GSM, l'Europe s'est imposée comme l'un des leaders de la planète télécoms.Le choix de SophiaEn juin 1987, la Commission européenne rédigeait ainsi un "Green paper" qui concernait un marché commun des produits et services de télécommunications. Il était notamment recommandé de créer un nouvel institut chargé de la standardisation des télécommunications pour les pays européens.Conçu en 1987, l'ETSI, est ainsi né en 1988. Il héritait dès sa naissance de tout le travail de standardisation effectué par la CEPT (Conference of European Posts and Telecommunications Administrations). Cela incluait entre autres les réseaux de télécommunications, les équipements des terminaux mais également les premiers travaux autour d'un nouveau système de télécommunications mobile connu maintenant dans le monde entier comme le GSM (Global System for Mobile communications).Quand la décision a été prise de créer l'ETSI, la première question qui s'est posée a été : où? Des candidats, il y en avait. Sur la liste, à côté de Sophia Antipolis se trouvaient Madrid, Düsseldorf, La Haye, Bâle, Athènes, Bruxelles, Dublin and Copenhague. Le CEPT, chargé de trancher, choisit finalement Sophia qui était resté en lice avec Copenhague dans la dernière ligne. Un choix qui a marqué l'histoire de la technopole et qui a été fondamental dans l'essor de la Telecom Valley.Un total de 786 membres dans 56 paysL'un des objectifs dans la création de l'ETSI était de faire en sorte qu'il n'y ait qu'une seule table à laquelle pourrait s'asseoir toute organisation qui serait intéressée dans la création de standards européens de télécommunications. La structure ouverte de l'ETSI a permis de réunir dès 1988 un total de 126 organisations venant de 20 pays. Des chiffres qui ont beaucoup augmenté depuis. En 2003, l'ETSI compte 786 membres de 56 pays. C'est qu'entre temps, le secteur des télécoms a beaucoup changé.Sur le plan technique, le but était d'assurer l'interopérabilité et l'harmonisation. Initialement concentré sur l'Europe, l'Institut a suivi la tendance à la globalisation des télécoms. Il a été amené à s'intéresser de plus en plus au marché mondial. Le gros de son travail de standardisation touchait à l'interconnexion de réseaux, de terminaux, de services et à la possibilité d'offrir aux utilisateurs des fonctions de "roaming". Là aussi les tendances du marché l'ont fait évoluer et l'ont conduit à porter l'accent sur les services sans fil et sur le monde de l'internet. Cela même si les réseaux de téléphonie fixe continuent de représenter l'ossature du système et requièrent toujours une forte activité de standardisation.Les succès : du GSM au DVBLes succès? L'ETSI les a accumulés en 15 ans. C'est bien sûr le GSM. Le plus visible avec 787 millions d'utilisateurs dans 190 pays à travers le monde. Mais c'est aussi la participation au 3GPP (Third Generation Partnership Project), projet qui recouvre le GSM, incluant le GPRS et l'Edge, et tous les réseaux utilisant les spécifications 3G : UTRAN, W-CDMA, UMTS™ (en Europe) et FOMA™ (au Japon).Sophia Antipolis est d'ailleurs le siège du groupe de permanents du 3GPP : 25 personnes, réunies au sein du Mobile Competence Centre (MCC). Il faut ajouter également le DECT™ (Digital Enhanced Cordless Telecommunications) qui a connu aussi un succès mondial, la norme TETRA (TErrestrial Trunked Radio) pour les services d'urgence, l'"Euro-ISDN" (Europe-wide compatible Integrated Services Digital Networks), connu en France sous le nom RNIS, le DVB (Digital Video Broadcasting) Project, etc. Au total, aujourd'hui 170 groupes sont actifs et délivrent des standards, spécifications, rapports, guides, etc, preuves de la vitalité et de la diversité de l'institut.L'avenir aujourd'hui pour l'ETSIEt maintenant ? L'ETSI ne pouvait manquer d'être touché par la crise qui ravage le secteur des télécommunications depuis deux ans. L'industrie lui a demandé notamment de réaliser des économies sur le travail de standardisation. L'Institut y a répondu en se servant des technologies liées aux télécommunications. Il a multiplié le nombre de meetings totalement en ligne, les vidéoconférences, a mis en place des votes en ligne, etc. A cela se sont ajoutées des réductions de coûts dans le secrétariat.L'ETSI a montré ainsi qu'il savait s'adapter à la conjoncture. Il n'en croit pas moins toujours à un avenir brillant pour l'information, les communications et le secteur technologique. Les nouvelles générations de services dans les réseaux fixes ou mobiles sont appelées à révolutionner notre vie. Et l'ETSI, à Sophia Antipolis, compte bien continuer à poser, par ses standards, les fondations de ce monde nouveau qui continue d'émerger.

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