Festival de Cannes : la semaine de tous les dangers

Posté lun 17/05/2004 - 00:00
Par admin

Deux inconnues qui font frissonner la Croisette : que vont faire les intermittents, très remontés après l'échauffourée de samedi au cinéma Star et un dossier d'assurance-chômage qui n'a guère évolué? Les employés du Carlton vont-ils étendre la grève à tous les palaces cannois?

Que vont faire maintenant les "intermittents" à Cannes ? Continuer à s'exprimer sans perturber le Festival ? Mener des actions plus dures ? Le mouvement lui même semblait divisé hier soir, dimanche, lors de la réunion des responsables du comité de coordination alors que, selon les déclarations des représentants du mouvement, l'accord conclu avec la direction du Festival du Film ne portait que jusqu'à dimanche et se trouvait donc caduc dès aujourd'hui lundi.Les événements du week-end laissaient craindre un durcissement du mouvement. Notamment l'échauffourée qui a éclaté samedi, pendant la manifestation, alors que des intermittents avaient envahi la salle de cinéma du Star pour interrompre une projection britannique dans le cadre du Marché du Film. Les festivaliers britanniques avaient réagi et les policiers avaient alors voulu déloger les manifestants sans ménagement. Bilan : trois intermittents légèrement blessés, un caméraman de FR3 frappé, cinq interpellations. Le Festival avait frôlé son entrée dans une spirale de violence difficilement contrôlable.Hier dimanche, le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a tenté de jouer l'apaisement lors de la rencontre programmée au palais des festivals avec le "comité de suivi" des intermittents, le même comité qui avait conclu un accord in extremis à l'ouverture du Festival. Les violences avaient été condamnées (le préfet des Alpes-Maritimes, Pierre Breuil avait auparavant déclaré que des poursuites disciplinaires seraient engagées contre les deux policiers mis en cause dans ces incidents). Le ministre de la Culture avait expliqué de nouveau les mesures annoncées récemment et donné des assurances de la volonté du gouvernement de régler le problème des exclus du nouveau régime d'assurance-chômage. Sans apparemment convaincre.Le Festival repart donc aujourd'hui dans l'incertitude. Un autre menace s'est également renforcée au cours du week-end : celle d'une grève dans les palaces de la Croisette, voire dans l'hôtellerie du bassin cannois. L'intersyndicale CGT-CFDT-FO-CFTC-CFE-CGC du Carlton, qui a lancé le mouvement jeudi (160 salariés en grève sur environ 500 au Carlton), s'est élargie au Noga Hilton, au Gray d'Albion, au Majestic et au Martinez tandis qu'un préavis de grève a été déposé hier soir pour ces cinq établissements. Une grève qui doit débuter ce matin à 11 heures par un rassemblement de grévistes devant le Carlton, le roi des palaces cannois. L'intersyndicale réclame ainsi une augmentation des salaires, une amélioration des conditions de travail et s'élève contre une insuffisance des effectifs.Intermittents en colère plus salariés de l'hôtellerie en grève : la coupe sociale s'alourdit. Une semaine de tous les dangers s'ouvre aussi aujourd'hui pour Cannes 2004 !

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