Festival de Cannes : les intermittents font monter la pression

Posté lun 10/05/2004 - 00:00
Par admin

Blocage pendant quelques heures de la livraison des copies de films d'un côté, nouvelles déclarations de l'autre côté au "Parisien" du ministre de la Culture qui espère un "geste de l'Unedic d'ici mercredi" : à deux jours de l'ouverture, rien pour l'instant n'est réglé.

A deux jours du "clap première" du 57ème Festival de Cannes, la pression monte. Elle monte d'autant plus que rien n'est véritablement réglé avec les intermittents. Ces derniers ont d'ailleurs montré une nouvelle fois leur volonté d'être bien présents dans ce festival qui s'ouvre en bloquant pendant quelques heures vendredi soir à Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise), les camions de l'entreprise Filminger, "transitaire officiel du festival de Cannes". La quelque centaine d'"interluttants" qui menait cette nouvelle opération "coup de poing" a finalement laissé partir les camions après des négociations avec l'entreprise. Les copies ont ainsi pu arriver à temps à Cannes, car sans copies, point de projections...Quant aux événements nouveaux intervenus au cours de ce week-end, ils n'ont pas débloqué la situation. On retiendra un appel lancé hier dimanche par douze réalisateurs dont les films ont été retenus dans l'une des sélections du festival. Jean-Pierre Améris, Raymond Depardon, Laure Duthilleul, Eléonore Faucher, Tony Gatlif, Benoît Jacquot, Agnès Jaoui, Thomas Vincent et plusieurs autres ont témoigné de leur solidarité avec les intermittents. "Si les intermittents n'existaient pas, nos films n'existeraient pas. Il est urgent de trouver des solutions durables. Nous tenons à ce que les films soient vus et à ce que la parole circule, et nous serons présents le 14 mai à la conférence de presse du comité de suivi" déclarent-ils dans l'appel qu'ils ont signé.On retiendra également, ce matin, la publication dans Le Parisien d'une interview du ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres ("L'Unedic doit aussi faire un geste"). Les intermittents avaient jugé que son "plan d'urgence" était nettement insuffisant. ""Le fonds spécifique créé, de 20 millions d'euros, est destiné aux situations d'urgence. J'attends que l'Unedic fasse également un geste d'ici à mercredi", déclare le ministre de la Culture.Et d'ajouter : "mais je demande aussi aux intermittents de prendre en compte le changement d'attitude du gouvernement et l'ampleur de nos propositions." Pour Renaud Donnedieu de Vabres, la comparaison avec le conflit des chercheurs n'a pas lieu, car ici, pour lui, ce sont les partenaires sociaux qui se trouvent impliqués. "L'abrogation pure et simple de l'accord de juin 2003 ne réglerait rien et renverrait les intermittents dans l'inconnu à une situation plus défavorable", note-t-il encore dans l'interview accordé au Parisien.Cannes s'attend aussi de plus en plus à un Festival bousculé, même si la direction du FIF a réaffirmé qu'il n'était pas question d'annuler et que les intermittents ont assuré qu'ils ne voulaient pas bloquer les projections. Mais le mécanisme semble désormais enclanché. Les intermittents préparent déjà leur voyage à Cannes, affrêtant des cars qui partiront dès demain mardi au départ de Paris et de grandes villes de province. Sûr. Cannes 04 sera chaud.

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