Festival du Film Panafricain de Cannes : l’Afrique et ses diasporas sur Croisette
Pour sa 23e édition, du 21 au 25 octobre, le FIFP présente à l'Espace Miramar plus de 50 films venus d'une soixantaine de pays. Un rendez-vous indépendant qui met en relief cette année le cinéma canadien et la richesse de sa diaspora africaine. Bienvenue au grand public.
Cannes vit depuis mercredi un autre rendez-vous cinématographique que celui du mois de mai. Le Festival International du Film Panafricain (FIFP) en est à sa 23e édition, qui se tient du 21 au 25 octobre à l'Espace Miramar, au cœur de la Croisette. Présenté par l'association Nord Sud Développement, ce festival indépendant affirme sa vocation : être le rendez-vous des cinémas africains et de la diaspora, en offrant aux créateurs un espace de mémoire, de dialogue et d'avenir. Au programme : plus de 50 films venus d'environ 60 pays — Afrique, Amériques, Caraïbes, Europe, Asie et Pacifique —, plus de 20 conférences, ateliers et cafés littéraires, ainsi qu'un salon panafricain dédié à l'art et à la culture. (Photo DR : l'affiche du festival 2026).
Cette édition fait la part belle au cinéma canadien et à sa diaspora africaine, à travers trois œuvres présentées lors de la cérémonie d'ouverture. Impasse, court-métrage de Jeffrey Atsuson, explore comment des forces invisibles remodèlent l'intimité et la perception dans un registre d'horreur psychologique. À Dieu (A dios), de Christine Rodriguez, suit une ancienne diva du jazz oubliée par le temps, accompagnée d'un aide-soignant dans une maison de retraite montréalaise. Face à Face (Enemy to Go), long-métrage de Jephté Bastien (également président du jury fiction), met en scène un jeune hockeyeur talentueux dont l'avenir est menacé par le racisme systémique et les violences policières dans un Montréal contemporain. Le programme explore plus largement des thématiques universelles : identité, migration, mémoire, résistance, amour et transmission.
Le festival dépasse la seule projection de films : il se veut un mouvement culturel et une plateforme de valorisation des cinéastes africains et afro-descendants, mais aussi un pont entre les cultures et un espace de réconciliation des mémoires. "Le FIFP, c'est une tribune de liberté, d'espoir et d'art. C'est là que les voix panafricaines prennent la lumière", résume son président-fondateur, Eitel Basile Ngangue Ebelle. La compétition officielle aboutira à la remise des Dikalo Awards lors de la cérémonie de clôture, dimanche 25 octobre à 20 heures, tandis qu'une soirée musicale consacrée au kompa est prévue vendredi 23 et un dîner de gala à l'Hôtel Martinez samedi 24.
Pour le public, l'accès est abordable : 5 € par projection ou conférence, avec une entrée gratuite pour les Cannois, 10 € pour la cérémonie d'ouverture et 30 € pour le pass festival, via le site officiel fifp.fr. Le rendez-vous permet ainsi de découvrir, en marge des grands circuits de distribution, des fictions et documentaires qui interrogent le monde contemporain à travers le regard panafricain, un positionnement qui fait du FIFP, selon ses organisateurs, une plateforme d'exposition du cinéma et de ses métiers, des arts et des savoir-faire, mais également de l'innovation et de la culture.