La première compagnie en termes de marché de l'aéroport Nice Côte d'Azur est en passe d'être rachetée par un fond de capital-investissement américain. Le fonds Apollo a confirmé en effet aujourd’hui jeudi son offre de rachat d'easyJet à 5,7 milliards de livres (6,7 milliards d'euros), une proposition entérinée par le conseil d'administration de la deuxième compagnie low-cost d'Europe. Cette annonce intervient après le retrait du fonds Castlelake, également candidat au rachat mais avec une offre plus faible. Apollo, qui gère plus de 1 000 milliards de dollars d'actifs et a déjà investi dans Aeromexico, Sun Country Airlines et Atlas Air, met en avant la “marque de premier plan” d'easyJet ainsi que son réseau étendu. L'opération survient alors que la compagnie, pénalisée par l'envolée des prix du kérosène liée à la guerre au Moyen-Orient, a vu son bénéfice avant impôts chuter de 70% au troisième trimestre, à 85 millions de livres. Le titre easyJet a nettement rebondi à la Bourse de Londres après la confirmation du rachat.
En revanche, l’arrivée aux commandes d’un fond de capital-investissement américain, inquiéte les syndicats et les pilotes. Ils ont déjà exprimé leurs craintes sur l’emploi, l’organisation du travail et la stratégie financière. Ils craignent notamment une restructuration “à la dure”, une pression sur les coûts et les conséquences d’une mise hors cote de la compagnie. Si pour l’instant, il n’y a pas d’annonce de grève massive, la tension monte autour d’une interrogation : l’entrée du private equity dans le ciel européen est-elle une promesse de modernisation ou un risque de casse sociale et de pression maximale sur les coûts ?