Forum CPE : Gérard Carton persiste et signe

Posté jeu 06/04/2006 - 00:00
Par admin

Plusieurs interventions nouvelles dans notre Forum "pour ou contre" le CPE et notamment deux lettres ouvertes de Gérard Carton, consultant spécialisé dans le changement, dont une qui s'adresse aux "zélus". A lire également, un mail de Nouméa, et plusieurs autres réactions.

Consultant spécialisé dans le changement, auteur de "L'éloge du changement" Gérard Carton s'était insurgé dans une lettre ouverte aux jeunes contre l'énorme tribune faite dans les médias aux anti-CPE. Une opinion qui a provoqué des réactions contradictoires mais aussi beaucoup de commentaires très favorables. Ce spécialiste du changement persiste et signe dans deux autres lettres ouvertes. Les voici (pour réagir, Forum CPE)Lettre ouverte aux « zélus » d’un citoyen lambdaLorsque j’entends à la radio, la télévision, lorsque je lis dans la Presse que la « majorité » est contre le CPE je me demande si l’on aurait oublié de nous informer que la majorité parlementaire a changé. Aurait-on organisé des élections sans que nous soyons au courant ?Je suis de ceux qui pensent que le CPE, bon ou mauvais, doit s’appliquer car il est inscrit dans la loi.Qu’il existe des procédures légales de révision des lois, au sein du parlement, et qu’il sera toujours temps d’en lancer une si à l’usage le CPE est une erreur.Je suis de ceux qui pensent que les « pour », même en majorité, sont asphyxiés par les « contre », et que la démocratie est devenue l’excuse de toutes les dérives.Je suis de ceux qui pensent que les tentatives de l’opposition au CPE pour faire « rediscuter » cette loi sont politiques et non fondées par la recherche de meilleures solutions pour débloquer la situation du chômage croissant des jeunes.Je suis de ceux qui pensent que le CPE ne mérite pas une crise idéologique.Je suis de ceux qui pensent que le débat sur le CPE est acceptable et qu’effectivement le CPE devrait donner naissance à une réflexion approfondie sur le droit du travail en France.Pourquoi le limiter aux jeunes, et ne pas concevoir un CRE, contrat de retour à l’emploi, sur le même modèle, pour tous ceux, chômeurs de plus d’un an, qui souhaiteraient retourner à l’emploi ? Lire la suite de la Lettre ouverte aux « zélus » d’un citoyen lambdaDeuxième lettre ouverte aux jeunes anti-CPEComment ne pas se sentir mal dans ce pays qui compte tant de chômeurs de sans abris et de privilégiés ? Comment ne pas douter de l’avenir et des promesses politiques ? Vous avez raison d’exprimer ce malaise, ces doutes et votre désarroi. Vous avez tort de laisser votre mouvement devenir chaotique : Le chaos prépare toujours le retour à une rigidité excessive. Qu’elle soit de gauche (communisme totalitaire, ou de droite, « ordre nouveau »)Vous avez la prérogative d’être dans un pays où la démocratie est une réalité, et la République un atout pour tous les citoyens.Les réactions excessives, tout comme les propos excessifs, ne sont pas crédibles, et ce n’est pas parce que l’on crie très fort que l’on est entendu, au contraire. Souvenez vous de Gandhi, il murmurait.La violence est l’arme des hégémonistes, et des barbares. Etiez-vous pour le soutien de la guerre en Irak ? Pourquoi alors prendre le même chemin dans notre pays ?La vie est un combat, encore faut-il ne pas se tromper d’adversaire. Lire la suite de la Deuxième lettre ouverte aux jeunes anti-CPEAlain : félicitations de Nouméa à Gérard CartonAlain Coqueugniot, nous a envoyé un mail des antipodes pour féliciter Gérard Carton. Voici ce qui est écrit :" De Nouméa,D'où nous observons avec incrédulité les événements de France.Cette lettre sera certainement la nième qui félicite Gérard Carton pour sa lucidité impitoyable, sa clarté d'expression et de surcroît son style. Citer "Les Nuées" avec un tel à-propos mérite qu'on admire le rédacteur.Ce que je pense, comme tous ceux qui refusent de jouer les autruches:Sous nos yeux distants de 20 000 kilomètres mais en direct sur notre écran de télévision, nous voyons la France qui défile, proteste, hurle des slogans, obéit aux consignes, dépense son énergie dans le but infiniment vain de changer la marche du monde. Lesquels d’entre eux ont secrètement compris que tout cela ne mènerait à rien et continuent, comme des insectes obstinés, à se buter contre la vitre du réel, parce qu’il faut faire comme tout le monde, parce qu’on veut rester solidaire des copains, parce qu’on ne sait plus faire autre chose ? En les voyant, Michel Leeb imiterait le bourdon.Je les considère avec inquiétude, amusement, étonnement et même parfois avec une sorte d’épouvante, ces Français qui sont pourtant mes semblables mes frères. Mais « français » veut-il vraiment dire quelque chose aujourd’hui ? Nous sommes une nation qui a mis deux mille ans à se former, qui a vécu, évolué, progressé, et qui aujourd’hui se désintègre dans on ne sait pas trop quoi.Et bien sûr cela cause une grande tristesse.Thomas, Paris : en France, tout semble impossibleen surfant par hasard sur internet, j'ai lu quelques articles et commentaires sur le CPE. Si mon avis intéresse... 32 ans, diplômé, j'ai en 10 ans de vie professionnelle rarement pu travailler en France. J'ai travaillé aux Etats-Unis: oui, on peut s'y faire virer 'overnight'. Et pourtant, je n'y ai jamais vu la trouille au ventre des employés français...J'ai travaillé à Singapour: un mois de préavis (donc un mois de salaire de compensation) quand on se sépare d'un employé, c'est l'usage. Et à Singapour, pas d'assurance chômage, ni de retraite, ni de rmi, même pas d'Anpe!Pourtant, dans ces deux pays, le dynamisme est dans l'air, le mouvement, l'action: tout semble possible. Moi qui suis timide et frileux, j'ai envisagé de créer mon propre business: j'avais quelques contacts, une idée à développer, et surtout l'enthousiasme.Mes amis me trouvaient changé. Hélas, mon pays est la France, je suis revenu. Ecrasé par une atmosphère de fin du monde, de peur généralisée, de crispations sécuritaires à tous les niveaux, je suis redevenu frileux, anxieux, mes projets professionnels sont devenus de moins en moins ambitieux: tout semble impossible.Chômeur, mon parcours atypique fait peur, moi qui pensais que c'était un atout! Evidemment, c'est tellement compliqué et risqué pour donner une chance à quelqu'un! Après plus d'un an sans travailler, je pense repartir, dans ces pays dynamiques où les employeurs ne perdent pas grand chose à vous donner une chance.Et aussi, pour penser à nouveau que tout est possible.Une étudiante en 1ère année à l’IUT, Info Com : le CPE risque plus d'augmenter la précaritéJe ne suis pas d’accord avec le CPE. Cela veut dire pour les jeunes qu’ils risquent d’être mis à la porte d’une entreprise sans motif réel ! Cela risque plus d’augmenter la précarité que de la réduire. Le but est d’aider les jeunes, or je pense plutôt que cela risque d’être le contraire si le CPE est mis en place. C’est sûr qu’il faut trouver des solutions et de nouvelles réformes concernant l’emploi, mais il faut que ces réformes placent plus les principaux concernés, les jeunes, au centre, qu’on pense plus à eux, risquer d’être licencié du jour au lendemain sans raison ou presque ce n’est pas un avenir sûr et stable ! Je n’ai pas vraiment d’idées concrètes à proposer pour trouver de nouvelles réformes car je pense qu’il faut qu’il y ait un dialogue entre le gouvernement et les jeunes pour trouver la meilleure réforme possible. On ne peut pas trouver la bonne solution du jour au lendemain, et encore moins l’imposer à des personnes qui la refusent ! »

Ajouter un commentaire