Grasse célèbre le grand retour de l’enivrante tubéreuse
Fleur rare au parfum envoûtant, longtemps restée dans l'ombre de la rose et du jasmin, la tubéreuse a failli disparaître du paysage grassois dans les années 80. Sa culture, reprise par les passionnés de Fleurs d’exception, a permis de reconstruire toute la chaîne de la plante au parfum. La seconde édition de la Fête de la tubéreuse, samedi, dans la vieille ville, symbolise ce grand retour.
Après la rose au printemps, le jasmin au cœur de l'été et la lavande, la tubéreuse trouve désormais toute sa place dans le calendrier de la capitale mondiale des fleurs. “Fleur rare, élégante et mystérieuse, elle possède un parfum puissant et singulier qui fait écho à l'identité de notre territoire”, a rappelé Jérôme Viaud, maire, lors de l’ouverture de la seconde édition de la fête de la tubéreuse organisée place Morel, dans la vieille ville, avec l’association des Fleurs d'Exception du Pays de Grasse. Au vu de l’affluence, le pari qu’il avait fait il y a un an de créer ce nouveau rendez-vous autour d'une fleur encore méconnue a été gagné. (Photo WTM : un marché des producteurs très apprécié.)
Stands, animations et conférences ont rythmé la journée, permettant aux visiteurs de mieux comprendre les étapes de la culture, de sentir différentes interprétations de la tubéreuse en parfumerie et de rencontrer les producteurs. Des producteurs qui, cette fois, n’ont pas été pris au dépourvu. Rapidement dévalisés l’an dernier, ils avaient approvisionné en conséquence le petit marché de bulbes et de tubéreuses.
Parmi les cultivateurs présents, Pierre Chiarla a témoigné des exigences de cette plante, particulièrement affectée cette année par la sécheresse : “Elle demande de la chaleur, oui, mais aussi une humidité régulière. Cette année, la sécheresse perturbe la pousse de la plante… Les bulbes souffrent, et la floraison est moins homogène.” Une fleur qu'il décrit néanmoins comme “au caractère puissant, presque hypnotique”, dont le bulbe ne fleurit qu'une seule fois, en faisant une plante précieuse et presque sacrificielle…
La fête a donné aussi l’occasion de rappeler que la culture de cette fleur emblématique de Grasse a bien failli disparaître comme l’ont souligné Armelle Janody, présidente de Fleurs d’exception et Jérôme Viaud. La production grassoise, qui avait pratiquement disparu dans les années 80 a pu repartir petit à petit avec quelques passionnés soutenus par de grandes figures de la parfumerie comme François Demachy, le “nez” de la maison Dior. Il a fallu alors reconstruire toute la chaîne, c'est-à-dire replanter des bulbes de tubéreuse, travailler avec les achats, les industriels, la parfumerie, Prodarom et puis, finaliser avec les créateurs de parfum. Cette fête aussi vient symboliser le retour en plein de la tubéreuse à Grasse et mettre un accent sur tout le travail réalisé pour la réintroduire au coeur du pays grassois.