Grasse : le site du CERGA repris par ACRI pour traiter les données du "new space"

La cité du parfum va pouvoir renouer avec les activités spatiales. ACRI, société de Sophia Antipolis spécialisé dans le traitement des données satellitaires, a racheté le site de l'ancien Centre de recherches en géodynamique et astrométrie, fermé en 2004, pour y créer un centre de recherche en réception et traitement de données des satellites du nouvel âge spatial.

Le CERGA vu de l'espace.

Grasse va se rouvrir aux activités spatiales avec l'installation d'un centre de recherche autour des données du "New Space" et de la nouvelle vague des nano-satellites. C'est en effet le projet lancé par la société ACRI à Sophia Antipolis qui a conclu en fin d'année dernière le rachat des locaux du CERGA. Situé sur les hauteurs de Grasse, sur le plateau de Roquevignon, au niveau d'Altitude 500, le Centre de recherches en géodynamique et astrométrie est une ancienne unité du CNRS. (Photo DR : le CERGA vu de l'espace avec un trait qui délimite son terrain).

Un site à l'abandon depuis 2004, année de sa fermeture

Créé en 1974, ce site dépendait du département scientifique de l'Observatoire de la Côte d'Azur, avec des chercheurs, ingénieurs et techniciens répartis entre Grasse et le site de Calern (plateau de l'arrière-pays). Mais il a été fermé en 2004 et est resté depuis à l'abandon.

Composé de quatre bâtiments d’une superficie totale de 1 311 m² sur un hectare de terrain en pleine nature, l'ensemble a été dégradé par des actes de vandalisme. L'endroit n'en reste pas moins magique. Idéal pour l’installation d’antennes de réception d’observations de la terre par satellite, a estimé ACRI qui va entamer des travaux de réhabilitation.

ACRI, un des leaders du traitement de données satellitaires

Co-fondé en 1989 à Sophia Antipolis par Odile Fanton d’Andon et Philippe Bardey, ACRI regroupe plusieurs sociétés dont le champ d’activités s’étend de la technique d’observation spatiale à l’ingénierie hydraulique maritime et fluviale, en passant par la recherche environnementale, la mécanique des fluides et l’élaboration de services et applications de suivi de l’environnement. Elle a réalisé 18 M€ de chiffre d’affaires en 2018 avec 120 personnes réparties sur différents sites en France (Sophia, Paris, Toulouse, Brest) mais aussi à l’étranger (Luxembourg, Grande Bretagne, Italie, Espagne, Canada et bientôt Bangalore en Inde).

Dans le domaine de la réception et du traitement des données venant de l'espace, ACRI est un des leaders. La société sophipolitaine travaille avec les agences spatiales européennes et les grands organismes d’État pour tout ce qui touche à l’observation de la Terre par satellite, la détection d’évènements, l’identification de changements et la surveillance des milieux naturels et humains.

Avec Grasse, accompagner le "nouvel âge" spatial

Mais le marché spatial est en train de changer avec l'arrivée de nouveaux acteurs, souvent plus petits (notamment des startups innovantes) et surtout, avec les progrès de la miniaturisation, la possibilité de construire des satellites beaucoup plus petits, voire des nano-satellites et d'ouvrir ainsi l'espace à toute une nouvelle génération de constructeurs et d'opérateurs. C'est ce nouvel âge spatial qu'ACRI veut accompagner à Grasse.

C'est un écosystème en pleine expansion. Basé sur l’initiative privée dans un domaine qui était réservé aux États dans le cadre de leurs compétences régaliennes, il nécessite des compétences très pointues en informatique, que ce soit pour le recueil de données, leur stockage et leur archivage, leur exploitation et leur distribution.

Un centre d'excellence en traitement de données numériques

A Grasse, ACRI compte répondre à ces besoins très spécifiques en y installant un centre d’excellence en traitement de données numériques pour la géographie, la géophysique et au-delà, toutes les sciences de l’environnement naturel, économique et social. Le segment sol dont à besoin l'univers des nano-satellites avec des antennes de réception et de pilotage qui bénéficieront d'une exposition maximale.

"Notre objectif est d’exploiter à Grasse données et applications issues de la télédétection spatiale en harmonie territoriale avec Cannes, où Thales Alenia Space (spécialisé dans la construction des satellites) incarne le centre spatial de la région Sud et avec Sophia Antipolis où prédominent modélisation mathématique, informatique et intelligence artificielle", explique Odile Fanton d'Andon.

70 collaborateurs en prévision d'ici 4 ans

"À terme, selon nos prévisions, nous envisageons d’ici quatre ans 70 nouveaux collaborateurs sur le site de Grasse. Nous avons également déjà signé des partenariats avec l’Observatoire astronomique de la Côte d’Azur ainsi qu’avec l’École d’ingénieurs ECAM-EPMI qui vient de s'installer à Grasse."

Une nouvelle aventure dans l'espace pour la cité du parfum qui sera présentée officiellement sur place à l'ex-CERGA, le 10 mars prochain.

 

Les bâtiments du CERGA vont être réhabilités. Il est envisagé la création d'un Planétarium pour accueillir les élèves des écoles et des colloques scientifiques. Photo DR

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