Immobilier : la Côte se paie une crise de logement des actifs

Posté jeu 30/05/2002 - 00:00
Par admin

Rareté croissante des biens sur le marché du neuf comme sur celui de la revente, pression de la demande d'une clientèle européenne haut de gamme attisent la flambée des prix : + 10% environ en un an entre mars 2002 et mars 2001.

Comment les actifs peuvent-ils encore se loger sur la Côte d'Azur ? La question devient de plus en plus pressante. Cela se confirme sur le terrain avec un marché de la location qui s'est tari et un marché de l'achat où les prix flambent depuis trois ans, dans le neuf comme dans la revente. Cela se voit également dans les chiffres comme ceux tirés du bilan du premier trimestre 2002, effectué au siège de la Chambre de commerce et d'industrie, par l'Observatoire immobilier de l'habitat Côte d'Azur.Neuf : faiblesse des mises en vente et demande soutenueLe constat est le même pour le logement neuf et pour la revente : ces deux marchés de l'immobilier sont placés désormais sous la "loi de l'offre" et de la rareté croissante des biens immobiliers mis en vente. Pour le neuf l'équation est la suivante : faiblesse persistante des mises en vente et demande toujours soutenue, notamment d’une clientèle européenne haut de gamme. Le résultat est mathématique : baisse du stock (- 10% en l'occurrence) et poursuite de l’augmentation générale des prixC'est ce qui a été enregistré dans le bilan du premier trimestre 2002 en matière de logement d'habitat. Certes ces biens trouvent preneur, remarquent les professionnels de l'immobilier. En témoigne un délai d’écoulement inférieur en moyenne à 7 mois. Mais pour les actifs du département, c'est une autre histoire. "Ils ne trouvent pas à se loger facilement, malgré l’adaptation des offres bancaires sur la durée des crédits pour permettre d’endiguer un rapport « Coût du logement / Ressources » qui a tendance à s’alourdir sensiblement" note l'Observatoire.Sur une année, les prix moyens de vente des logements neufs ont ainsi augmenté de 10% dans les Alpes-Maritimes et s'établissent à 2.891€. Avec des différences suivant les agglomérations. Le plus cher est toujours Menton, aiguillonné par la clientèle italienne : + 10% à 3.521€. Viennent ensuite Antibes, qui a pris 10% également à 3.174€; Cannes qui a été le plus sage : +4% à 2.812€ (mais il faut dire qu'il y a belle lurette qu'on ne construit plus sur la Croisette et que la grosse partie des nouvelles constructions est située sur le secteur de La Bocca); Cagnes qui a monté le plus avec 14% de hausse à 2.873€. Nice reste finalement le marché le plus abordable à 2.599€ mais avec quand même une augmentation des prix de 10% sur un an.Revente : + 9% sur les prixPour le marché de la revente, même constat. Si en volume de transactions, le marché se montre relativement stable, en revanche les prix s'emballent. Ainsi, le prix moyen des biens de seconde main a augmenté de 9% sur un an soit sensiblement au même rythme soutenu que le neuf. Les vendeurs, qui souhaitent racheter dans la majorité des cas, fixent en effet le prix de vente en fonction du prix d’achat du bien qu’ils visent. La rareté des biens proposés entraîne néanmoins un délai d’écoulement très court, estimé à 3 mois.Une rareté qui semble se mettre en place de manière durable sur les Alpes-Maritimes, notent les professionnels qui plaident pour une politique volontariste sur la Côte d'Azur en faveur de l'habitat. Une politique qui puisse dégager du foncier disponible pour répondre aux besoins de logement et desserrer l'étau sur les actifs, les éternels marris des problèmes immobiliers azuréens…

Jean-Pierre  Largillet

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