Jazz à Juan souffle ses 65 bougies sous les pins de la Pinède Gould
Du 9 au 19 juillet, le festival azuréen conjugue mémoire du jazz et ouverture aux musiques contemporaines.
La 65e édition de Jazz à Juan se tiendra du 9 au 19 juillet dans le cadre mythique de la Pinède Gould, à Juan-les-Pins. Pour cette édition anniversaire, le festival confirme une ligne assumée depuis plusieurs années : celle d'un jazz largement ouvert aux musiques contemporaines, aux grandes voix populaires et aux passerelles avec la soul, le groove, la world music et la pop sophistiquée. Loin d'une rupture, cette orientation prolonge un mouvement ancien à Juan, qui cherche depuis longtemps à préserver l'aura du jazz tout en élargissant son public, faisant de cette édition un kaléidoscope musical autant qu'un rendez-vous patrimonial. (Photo DR).
La programmation s'annonce particulièrement dense. La soirée d'ouverture du 9 juillet réunira José James et China Moses pour un hommage aux 50 ans de l'album I Want You de Marvin Gaye, avant l'entrée en scène de Tom Jones. Le 13 juillet, Seal se produira pour la première fois à Juan, précédé par la soul de Mica Millar. Le 17 juillet marquera un autre sommet avec Samara Joy, l'une des voix montantes du jazz actuel, suivie de Marcus Miller et de son hommage à Miles Davis, We Want Miles!. Le 18 juillet verra Erik Truffaz et Antonio Lizana présenter New Sketches of Spain, avant une soirée plus populaire avec Thomas Dutronc – Jazz & Friends.
Au-delà de ces têtes d'affiche, l'édition 2026 met en avant les circulations entre genres, avec Dhafer Youssef et Morcheeba le 11 juillet, Fatoumata Diawara et Goran Bregović le 15, ou encore Fearless Flyers et Keziah Jones le 16. Cette tendance dessine un jazz décloisonné, nourri de soul, de musiques du monde, de groove et d'électro organique, où les voix occupent une place centrale — qu'elles soient patrimoniales, comme celles de Tom Jones ou Seal, ou porteuses du renouveau, comme Samara Joy.
Ce qui devrait marquer cette 65e édition, c'est précisément la capacité du festival à rester fidèle à son histoire sans jamais se figer. L'hommage à Marvin Gaye, la présence de Marcus Miller autour de Miles Davis ou le projet New Sketches of Spain témoignent d'une mémoire du jazz qui passe moins par la reconstitution que par la réinvention. La clôture, confiée selon la tradition à une soirée gospel avec Linda Lee Hopkins, perpétue elle aussi certains marqueurs historiques chers au festival.
Car la Pinède Gould reste l'un des sanctuaires du jazz en Europe. Charles Mingus, Ray Charles, Count Basie, Ella Fitzgerald, Nina Simone, Oscar Peterson, B.B. King, Herbie Hancock ou Chick Corea y ont tous joué au fil des décennies. C'est cette mémoire qui donne, chaque été, un relief particulier aux nouvelles éditions : à Juan, les artistes ne se contentent pas d'un beau décor, ils s'inscrivent dans une histoire musicale mondiale qui continue de s'écrire sous les pins.