JO d’hiver : le glas a-t-il sonné pour le pôle glace unique à Nice ?
Confronté au blocage sur l’Allianz Riviera, le COJOP ouvre la porte à Lyon et Paris pour le hockey sur glace, mettant en jeu l'avenir d’un pôle glace unique à Nice.
Depuis l'élection d'Éric Ciotti à la mairie de Nice, le dossier du pôle glace des Jeux olympiques d'hiver 2030 est entré dans une zone de turbulences. Le projet initial, porté par l'ex-maire Christian Estrosi et le président de la Région Sud Renaud Muselier, prévoyait d'accueillir l'ensemble des épreuves de glace sur le territoire niçois, avec notamment l'Allianz Riviera transformé en enceinte couverte pour les matchs de hockey masculin. Mais la nouvelle municipalité, appuyée par Jean-Pierre Rivère, président de l'OGC Nice, a fermement écarté cette option, jugeant impensable d'immobiliser le stade pendant de longs mois. Ce refus a ouvert un contentieux qui, depuis plusieurs semaines, mobilise les équipes techniques de la Ville, de la Région Sud, de l'État et de la Solideo Alpes 2030 dans une course contre la montre pour trouver une alternative viable. (Crédit Photo : FFHG. L'équipe de France des Bleuets au Mondial).
Deux sites niçois de substitution ont été sérieusement étudiés pour accueillir une patinoire temporaire : le stade Charles-Ehrmann et le stade de rugby des Arboras. Les analyses techniques, financières et calendaires ont toutefois mis en évidence les limites de ces options, jugées trop coûteuses et trop complexes à mettre en œuvre dans les délais impartis. Seule la seconde patinoire de compétition, destinée au hockey féminin, semble trouver une issue locale satisfaisante : sous réserve de validation de la Fédération internationale, le Palais des Expositions de Nice pourrait l'accueillir sur une installation provisoire d'environ 10 000 places. Les autres épreuves du pôle glace (patinage artistique, short-track et curling) ne sont, elles, pas remises en cause et resteraient réparties entre le futur complexe omnisports olympique dans la plaine du Var et le Palais Nikaïa.
Face à ces blocages, le COJOP a annoncé aujourd'hui, le 28 avril, une décision d'ampleur : dans une logique de sobriété et d'optimisation budgétaire, il élargit ses investigations à des équipements existants dans d'autres grandes métropoles françaises, capables d'offrir une capacité minimale de 10 000 places assises. Lyon et Paris sont explicitement dans la course, et plusieurs acteurs se sont déjà manifestés pour accueillir les épreuves de hockey masculin. Les résultats de cette démarche seront présentés au Bureau exécutif du COJOP le 11 mai, avant une validation attendue par la Commission exécutive du CIO fin juin.
L'enjeu est considérable pour Nice. Si le hockey masculin (le plus gros morceau de la billetterie des Jeux) venait à quitter la Côte d'Azur, c'est le concept même de pôle glace unique, argument central ayant séduit le CIO lors de l'attribution des Jeux, qui serait remis en cause. La ville pourrait alors se retrouver exclue du dispositif olympique sur glace dans sa quasi-totalité. Une conférence de presse de la Solideo, prévue le 29 avril à Marseille pour annoncer le lancement de plus de 60 marchés publics (dont les villages des athlètes de Briançon, Nice et Saint-Jean-de-Sixt) devrait apporter les premières clarifications officielles sur l'avenir du dossier.