Journée de la Femme : quelle parité dans les A.-M. ?

Posté mar 11/03/2008 - 06:55
Par admin

Journée de la Femme : quelle parité dans les A.-M. ?

Si 47 % des actifs sont des femmes, elles continuent néanmoins à se cogner contre le "plafond de verre". Une frontière invisible mais bien réelle, comme le montrent les enquêtes menées par Michel Ferrary, professeur de gestion des ressources humaines au Ceram, et Sylvie Gueye, directrice de l’Executive MBA d’HEC. Si le premier a centré son étude sur le taux de féminisation des groupes du CAC 40 et du CAC Next 20 (les 20 valeurs qui les talonnent), la seconde l’a déclinée au niveau des Alpes-Maritimes.

 

Les Alpes-Maritimes légèrement au-dessus

 

Résultat : "On est loin de la parité" constate Sylvie Gueye. Les entreprises des Alpes-Maritimes sont féminisées à 42,9 % et leur encadrement à 32,1 %. Mais, si les moyennes sont faibles, les entreprises azuréennes respectent mieux la parité que leurs grandes sœurs du CAC 40 où l’on compte 37,3 % de femmes dans les effectifs et 28,6 % chez les cadres. Un écart certainement dû à la taille des structures puisque les entreprises de moins de 500 salariés sont plus féminisées que celles de taille supérieure.

 

« C’est plus facile pour Hermès que pour Cari ! »

 

"Pourtant, souligne Michel Ferrary, les entreprises sont de plus en plus sensibles à ce sujet. Elles sont conscientes de ce que cela peut leur coûter en terme d’image"… et en terme économique : "Certains fonds d’investissement, suisses notamment, n’investissent que si la parité est respectée". Alors, pourquoi cette disparité ? "Le problème est en partie sectoriel, reprend le chercheur. Quand une entreprise comme Thalès cherche à recruter des femmes, elle a de réelles difficultés à en trouver." Et d’ajouter dans un sourire : "La parité, c’est bien plus facile pour Hermès que pour Cari !"

 

"Plus l’entreprise est féminine, plus elle est rentable"

 

La faute à qui ? Au système éducatif d’abord qui "n’a pas assez formé de femmes cadres et n’incite toujours pas assez les jeunes filles à se tourner vers les filières techniques". Aux entreprises ensuite qui, si « elles ont fait de grandes avancées », n’incluent pas forcément dans leur politique managériale des dispositifs de gestion spécifique. Aux femmes elles-mêmes enfin qui « s’autocensurent et s’excluent de certains métiers ». Soit, autant de freins qu’il serait bon de lever… D’autant que selon notre interlocuteur « il existe une corrélation entre la rentabilité et le taux de féminisation. Autrement dit, plus l’entreprise est féminine, plus elle est rentable. Et cela n’est pas lié au niveau des salaires ». Oserait-on alors faire l’hypothèse que les femmes, à salaire égal, sont plus efficaces et plus productives ?

Retrouvez un dossier complet consacré aux femmes dans l'entreprise dans le 4e numéro du Journal des Entreprises, en vente en kiosque à partir du 7 mars.

 

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