Juan : le Port Gallice inaugure sa métamorphose
Après dix-sept ans d'études, de concertation et de travaux, la SAS Gallice 21 a célébré hier la transformation complète du port de Juan-les-Pins en un port-paysage exemplaire, pour un investissement global de 18 millions d'euros. Construit en un an à l’époque des “Trente Glorieuses”, le désormais “port bleu, blanc, vert » du Cap d'Antibes entre dans le XXIe siècle.
C’est un nouveau port Gallice qui a été inauguré hier par Jean Leonetti, maire d’Antibes-Juan-les-Pins et Jean-Pierre Savarino, président de la CCI Nice Côte d’Azur. Construit en un an dans la période des Trente Glorieuses, il s’est métamorphosé et adapté au nouveau siècle suite à un chantier engagé concrètement il y a près de dix ans. L'opération a été conduite sous la maîtrise d'ouvrage de la SAS Gallice 2 et faisait partie, avec le projet Vauban 21 d'un plan de redynamisation des ports de plaisance antibois élaboré par la CCI Nice Côte d'Azur. Le coût global de l'opération se monte à 18 M€, financés avec le soutien de la Banque des Territoires, de la Caisse d'Épargne Côte d'Azur et de la Région Sud. (Photo DR : le Port Gallice métamorphosé).
Un “enfant des Trente Glorieuses”
Construit en l'espace d'une année à peine entre 1966 et 1967 par l'architecte Guillaume Gillet, Grand Prix de Rome, le port Gallice était l'enfant des Trente Glorieuses : une silhouette blanche aux angles droits, tournée vers la mer face aux îles de Lérins, sobre et moderne dans sa conception méditerranéenne. Un demi-siècle plus tard, ses infrastructures vieillissantes appelaient une refonte profonde. C'est en 2018 que la SAS Gallice 21 (société associant la CCI Nice Côte d'Azur, la Caisse des Dépôts et la Caisse d'Épargne Côte d'Azur) a engagé le chantier de transformation, confié à l'Atelier d'Architecture Philippe Prost, avec pour ambition d'en faire un modèle pour le XXIe siècle sans trahir l'héritage originel. Le résultat s'affiche en trois couleurs : bleu pour la qualité de l'eau, blanc pour l'architecture, vert pour l'omniprésence du végétal.
La vision d’un “port-paysage”
La vision portée par l'architecte Philippe Prost tenait en une formule : faire de Port Gallice un “port-paysage”, en alliant l'espace naturel à l'espace maritime. Cela impliquait d'abord de répondre aux enjeux climatiques : les quais ont été rehaussés de quarante centimètres pour anticiper la montée des eaux, leurs formes de pente inversées pour récupérer les eaux de ruissellement polluées aux hydrocarbures qui se déversaient auparavant dans le bassin. Un cheminement piéton et PMR continu a été créé le long des quais. L'ensemble des réseaux vétustes (amarrages, électricité, eau potable, éclairage LED, aspiration des eaux usées des navires) a été intégralement repris sur les 756 mètres linéaires de quais et 378 mètres de pontons desservant 436 postes d'amarrage.
Coeur de l’opération, la réhabilitation des deux bâtiments du port
La réhabilitation des deux bâtiments du port constitue le cœur architectural de l'opération. Conçus selon les principes d'une architecture méditerranéenne bioclimatique, ils ont été entièrement restructurés en conservant leurs caractéristiques originelles (couleurs claires, débords de toiture, système de cours et patios) tout en les renforçant. Les matériaux utilisés sont intégralement biosourcés : isolation en fibre de bois, menuiseries en mélèze européen, sols en linoléum naturel. Des impostes ouvrantes assurent une ventilation naturelle. Sur les toitures-terrasses désormais végétalisées, un “jardin sec” composé de plantes méditerranéennes adaptées au stress hydrique offre au bâtiment nord un belvédère suspendu sur le Golfe Juan et les îles de Lérins.
Plus de 10.000 végétaux plantés
La transformation paysagère est sans doute la dimension la plus visible de l'opération. Plus de 10 000 spécimens ont été plantés sur l'ensemble du site, dont 50 % d'espèces indigènes labellisées “Végétal local “, sélectionnées en partenariat avec la Villa Thuret, Jardin Botanique de l'INRA d'Antibes. Les parkings ont été végétalisés avec des sols redevenus perméables. La palette végétale (santoline, ciste, euphorbe arborescente, vitex, pistachier lentisque) forme un écrin méditerranéen authentique, frugal en eau et favorable à la biodiversité. Là où le minéral dominait, le végétal a repris ses droits.
Labellisée “Architecture Contemporaine Remarquable”
Cette métamorphose a déjà été distinguée. A l’occasion de l’inauguration, elle a reçu la labellisation “Architecture Contemporaine Remarquable” de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Provence-Alpes-Côte d'Azur. Une distinction qui reconnaît la qualité de la rénovation et implique sa valorisation comme œuvre architecturale d’intérêt public.

