La "chaîne de l’innovation" prend forme dans le 06

Posté jeu 08/01/2009 - 08:50
Par admin

La "chaîne de l’innovation" prend forme dans le 06

 

Crédit photo : Ecole des mines

 

"Innover : verbe intransitif. Introduire quelque chose de nouveau." Le "Petit Robert" ne le dit pas, mais innover sera aussi cette année l’un des meilleurs moyens de résister à la crise économique.

 

Les observateurs les plus avisés de l’économie azuréenne sont unanimes : les porteurs de projets seront sur le pied de guerre en 2009, et "comme au cours des deux précédentes crises économiques, le nombre de créations d’entreprises va augmenter." Avec la multiplication des business angels en mal d’investissement, le capital d’amorçage est à portée de dossier, pour un projet innovant et bien ficelé. Reste à voir si les structures d’accompagnement sont en ordre de marche…

 

Bonne nouvelle, "simple vue de l’esprit il y a un an encore, la "chaîne de l’innovation" se met enfin en place dans le 06" confie un expert. Ce "parcours sécurisé" doit permettre d’amener sans encombres une idée ou technologie brillante au stade d’entreprise stabilisée sans passer par la case "banqueroute".

 

Maillons faibles

 

Détection, maturation, incubation, financement, puis lancement en pépinières, autant de maillons essentiels avant toucher au but. "Au total, il faut généralement cinq ans pour atteindre un chiffre d’affaires conséquent" estime Patricia Braun qui pilote l’incubateur Telecom ParisTech à Sophia. L’enjeu est de taille : favoriser ce type de dynamisme économique dope la croissance endogène d’un territoire, alors que les grands groupes industriels sont les premiers touchés par la crise.

 

Dans les Alpes-Maritimes, le "nœud" de la chaîne est assuré par quatre incubateurs, bien implantés. Et les maillons faibles sont clairement identifiés : tout d’abord la pré-incubation. Les projets innovants sont incubés trop tôt, et du coup sortent des incubateurs pas assez aboutis, donc fragiles. D’autant qu’à la sortie, les structures d’hébergement sont encore rares : quasiment inexistantes voilà un an, elles émergent progressivement. C’est le deuxième point faible. "Des pépinières se mettent en place mais il n’y a pas encore de cohérence globale" déplore un responsable sophipolitain. "Il n’y a du côté des collectivités locales ni la volonté, ni la capacité d’encadrer le processus d’innovation", ajoute le même homme.

 

Consortium en vue

 

Face à ce manque "d’optimisation du système", Gérard Giraudon prend le problème à bras-le-corps. Le directeur du centre Inria Sophia Antipolis-Méditerranée et président de l’Incubateur Paca-Est (IPE), va lancer via l’IPE un "consortium", bannière regroupant les principaux acteurs de cette chaîne, de la CCI aux collectivités locales, en passant par les pépinières et les incubateurs. "Ce ne sera pas une nouvelle structure, mais une marque commune dont la valeur rejaillira sur tous ses membres" explique l'intéressé.

 

"Ce genre de chose existe déjà aujourd’hui, de fait : c’est le Réseau Régional de l’Innovation", fait remarquer Patricia Braun. Mais le lancement d’une marque dédiée à la création d’entreprises innovantes serait l’occasion de réunir enfin les différents maillons de cette fameuse chaîne dans un lieu commun : en l’occurrence le Centre international de communication avancé (Cica) de Sophia Antipolis, dont le conseil général ne sait que faire. Un premier pas semble déjà fait: "Les différents réseaux sophipolitains se parlent de plus en plus" note Michel Bernasconi, du Ceram.

 

"Il suffit juste que tout le monde essaie de ramer au même moment dans la même direction pour arrêter de tourner en rond", conclut Gérard Giraudon, jamais à court d’une belle allégorie.

 

Jean-Christophe Magnenet

 

Retrouvez un dossier complet consacré à la chaine de l'innovation dans les Alpes-Maritimes, dans le 13e numéro du Journal des Entreprises des Alpes-Maritimes, en vente en kiosques le 9 janvier.

 

 

 

 

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