Laboratoires vétérinaires : et si Virbac se mariait avec Ceva
Et si Virbac à Carros, 6ème laboratoire mondial de santé animale, se mariait avec Ceva à Bordeaux, 5ème mondial ? Même si Virbac a démenti toute intention de rapprochement, cette idée a été soulevée par le président du groupe girondin, tandis que le DG de Ceva n’est autre que Sébastien Huron, ancien DG emblématique de Virbac.
Ce “et si”, s'il se réalisait, donnerait naissance à un géant mondial de la santé animale. L’idée a été en tout cas publiquement évoquée par Marc Prikazsky, président exécutif du groupe girondin Ceva Santé Animale, qui s’est dit favorable à un possible rapprochement avec Virbac, basé à Carros comme l’a rapporté le Journal des Entreprises. Le scénario reste certes pour l’heure très hypothétique, mais il a le mérite de souligner le poids des deux entreprises françaises dans un secteur stratégique. Ceva, cinquième acteur mondial, a réalisé 1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2025 avec 7.200 salariés et 32 sites industriels dans le monde. Virbac, sixième mondial, affiche de son côté 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour 6.400 salariés, tout en restant contrôlé par la famille de son fondateur, le docteur vétérinaire Pierre-Richard Dick. (Photo DR : le siège social de Virbac à Carros).
Pour Marc Prikazsky, un tel rapprochement “aurait du sens”. Son argument tient autant à la logique industrielle qu’à la complémentarité des deux groupes. Ceva réalise l’essentiel de son activité dans les animaux d’élevage, tandis que Virbac est davantage positionné sur les animaux de compagnie. De quoi nourrir l’idée d’un ensemble moins concurrentiel que complémentaire, capable de peser plus lourd encore à l’international. Le récent recrutement par Ceva de Sébastien Huron, ancien directeur général de Virbac, a naturellement renforcé les spéculations autour de cette hypothèse.
Pour autant, du côté de Virbac, la réponse est nette : aucun projet de rapprochement n’est actuellement à l’étude. Le groupe azuréen affirme rester pleinement concentré sur sa propre stratégie de croissance et sur son développement “en toute indépendance”. Autrement dit, le mariage souhaité par Ceva ressemble aujourd’hui davantage à une vision de long terme qu’à une opération imminente. Mais en posant publiquement la question, Marc Prikazsky a rouvert un débat de fond : celui de la capacité de la France à rassembler ses forces pour faire émerger un champion vétérinaire encore plus puissant sur la scène mondiale.