Laurent Hottiaux, préfet des Alpes-Maritimes, sur le départ
Promu en Conseil des ministres du 24 juin préfet de la région Pays de la Loire et préfet de Loire-Atlantique, Laurent Hottiaux, qui était arrivé à Nice le 19 mai 2025, aura marqué son (court) passage azuréen par la lutte contre le narcotrafic et l'adaptation climatique. La date officielle de son départ et le nom de son remplaçant ne sont pas encore connus.
Le départ de Laurent Hottiaux est désormais acté : nommé en Conseil des ministres du 24 juin préfet de la région Pays de la Loire et préfet de Loire-Atlantique, il va quitter les Alpes-Maritimes après un peu plus d'un an en poste. Arrivé à Nice le 19 mai 2025 en succession d'Hugues Moutouh, ce haut fonctionnaire de 53 ans, diplômé de Sciences Po Paris, de l'Essec et de l'Ena, succédera désormais à Fabrice Rigoulet-Roze à Nantes. Avant son passage azuréen, Laurent Hottiaux avait été conseiller “intérieur et sécurité” à l'Élysée entre 2017 et 2020, puis avait dirigé la préfecture des Hauts-de-Seine de 2020 à 2024. (Photo WTM : le préfet Laurent Hottiaux lors de l’inauguration de l’Aromatic Fab Lab à Mouans Sartoux la semaine dernière).
Dès son arrivée, le préfet s'était présenté comme un “préfet de terrain”, impartial et attaché à l'efficacité de l'État, fixant comme priorités la lutte contre l'insécurité, les trafics et la criminalité organisée, le contrôle de la frontière italienne ainsi que la lutte contre les séparatismes. Le trafic de stupéfiants aura occupé une place centrale de son action, avec le démantèlement d'une partie importante des points de deal du département et l'incarcération de nombreux trafiquants. “Il n'y a pas de liberté sans sûreté”, avait-il déclaré, tout en appelant à maintenir la pression : “les résultats sont bons, mais c'est une guerre de mouvements, un travail de fond qui doit se poursuivre et s'intensifier.” Il a du faire face aussi à une campagne des municipales particulièrement mouvementée dans la Métropole.
Son mandat ne s'est pas limité aux questions d'ordre public. Face à la crise du logement, il avait travaillé à un plan destiné à augmenter l'offre disponible tout en préservant les équilibres du littoral, la protection du domaine public maritime et l'application de la loi Littoral figurant également parmi ses dossiers prioritaires. Les enjeux climatiques avaient par ailleurs occupé une place croissante dans son action : il avait régulièrement alerté sur les crues, tempêtes, incendies et tensions sur la ressource en eau, rappelant que “les onze dernières années ont été les plus chaudes depuis 176 ans” et plaidant pour une mobilisation collective, la planification écologique n'étant selon lui “pas une option supplémentaire”. Une mobilisation qui prend tout son sens aujourd’hui. Son arrivée s'était également faite en pleine période de grands événements, entre Festival de Cannes et préparation du sommet de l'UNOC, avec un accent mis sur leur sécurisation.
Durant son passage, Laurent Hottiaux aura aussi entretenu des relations apaisées avec les élus locaux sur les dossiers économiques, transfrontaliers et d'aménagement du territoire. Son bilan dans les Alpes-Maritimes s'apparente ainsi à celui d'un préfet de transition à forte densité régalienne, qui aura consolidé les priorités de l'État dans un département sous tension permanente, sans disposer du temps nécessaire pour imprimer une marque politique durable. Le nom de son successeur n'est pas encore connu, tout comme la date officielle de son départ.