Le Théâtre de Grasse lance le festival “Lumières sur la Justice”
La première édition de ce festival, du 19 au 21 novembre, mêle reconstitutions théâtrales de grands procès, expositions photographiques, documentaire, conférence et défilé de robes d’avocats du monde entier, pour rapprocher les citoyens de leur justice. Avec une particularité : trois grands procès de l’histoire interprétés par une troupe de comédiens, professionnels et amateurs, tous avocats ou magistrats.
Une ambition : offrir une image incarnée de la justice, à un moment où les salles d’audience restent difficiles d’accès et où les caméras en sont bannies depuis 1954. C’est celle du premier festival "Lumières sur la Justice" que lance le Théâtre de Grasse du 19 au 21 novembre. “Notre volonté est d’ouvrir grand les portes du Tribunal”, résume Basile Ader, avocat, ancien vice-bâtonnier du Barreau de Paris et conservateur du Musée du Barreau, qui rapproche procès et théâtre par leurs mêmes unités de temps, de lieu et d’action. Avec, autre spécificité, au coeur de la programmation : “Les Procès de l’Histoire”, trois reconstitutions écrites et mises en scène par Basile Ader et son épouse Sophie Dumont Ader, interprétées par une troupe de comédiens, professionnels et amateurs, tous avocats ou magistrats. (Photo DR).
A ce chapitre, on trouvera Le Procès de Bobigny (1972), où la plaidoirie de Gisèle Halimi ouvrit la voie à la loi Veil, sera joué au Palais de justice le jeudi soir, puis repris au Théâtre le samedi après-midi. Le Procès Manouchian, dit de l’Affiche rouge (1944), reconstitué à partir de témoignages et de lettres d’adieu, sera présenté le vendredi au Théâtre. Le Procès de Marie-Antoinette (1793) clôturera le festival le samedi soir, dans une version en odorama : la Maison Sozio, l’un des plus anciens laboratoires de création de parfums de Grasse, a conçu une partition olfactive diffusée au rythme de la représentation. Des séances sont également réservées aux scolaires.
Autour de ces spectacles, le festival déploie un programme pluridisciplinaire. Trente robes d’avocats venues du monde entier défileront lors de la soirée inaugurale au Palais de justice, puis dans le hall du Théâtre, pour raconter l’histoire du plus ancien costume civil encore en usage en Europe. L’historienne Cécile Berly donnera le vendredi matin à la Médiathèque Charles Nègre une conférence intitulée “Guillotinées”, consacrée à Marie-Antoinette, Olympe de Gouges, Madame Roland et Madame du Barry.
Trois expositions photographiques jalonnent la ville : “Clichés d’audiences”, réunissant des images de procès antérieures à l’interdiction de 1954 ; “Les Avocats pendant la guerre”, au Théâtre ; et “Les Femmes avocates”, hommage aux pionnières du barreau. L’Auditorium Pixel de la Médiathèque projettera enfin le documentaire Iran, plaidoyer pour la justice, consacré aux massacres commis lors des manifestations de janvier 2026, en présence de son réalisateur et producteur Hirbod Deghani Azar.
Un espace littéraire complète le dispositif, avec des dédicaces de Basile Ader autour de ses ouvrages Procès en scène, Clichés d’audiences et Les Avocats pendant la guerre. Pour Jérôme Viaud, maire de Grasse, qui a souhaité accueillir cette première édition, le festival illustre l’attachement de la ville à une culture ouverte à tous et au dialogue entre citoyens et justice. Les organisateurs entendent d’ailleurs le faire voyager : les prochaines éditions ont vocation à être accueillies dans d’autres villes, avec des collectivités, des institutions culturelles, des barreaux et des tribunaux.
Imaginé par David Nitlich, président de l’association culturelle Évidences, et Basile Ader, ce premier festival Lumières sur la Justice a a été coconçu avec Emmanuelle Bourret, directrice du Théâtre de Grasse. Il est organisé en partenariat avec la Ville, le Tribunal judiciaire et le Barreau de Grasse, le Conseil national des Barreaux et le Musée du Barreau de Paris, avec le mécénat de Lexbase, de la Société Générale et de Sozio.