Limitation des liaisons Nice-Corse : les salariés de la SNCM manifestent à Nice

Posté mer 16/02/2011 - 22:37
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Les salariés de la SNCM (Société Nationale Corsey-Méditerranée), qui attaquent leur troisième semaine de grève contre la réduction des liaisons ferries entre Nice et la Corse, sont venus aujourd'hui manifester sur le port de Nice et devant le Conseil général. Eric Ciotti, président de l'assemblée départementale, a réaffirmé "que les mesures mises en place étaient nécessaires pour l’équilibre économique et environnemental du port".

La réduction du trafic maritime entre Nice et la Corse continue de faire des vagues. Jusqu'à présent c'était surtout Marseille qui les avait essuyées avec depuis plus de deux semaines une grève des marins de la SNCM (Société Nationale Corse Méditerranée) qui bloque à quai quatre navires de la compagnie. Aujourd'hui, le mouvement de protestation des marins a gagné Nice. Une centaine d'entre eux a manifesté mercredi au port de Nice tandis que près de 150 autres marins protestaient devant le siège du Conseil général.

Eric Ciotti : "nécessaire pour l'équilibre économique et environnemental du port"

Contrairement à ce qu'ils avaient demandé, les représentants syndicaux n'ont pas été reçus par Eric Ciotti, le président du Conseil général et par ailleurs président du Conseil portuaire, qui a pris la décision de réduire le trafic. En revanche, la CCI, gestionnaire du port de Nice a reçu plusieurs représentants syndicaux mais a indiqué dans un communiqué "ne pas avoir à intervenir dans un conflit social interne à la SNCM."

Le président du Conseil général, Eric Ciotti a rappelé de son côté dans un communiqué "que les mesures mises en place étaient nécessaires pour l’équilibre économique et environnemental du port". "Le Conseil général des Alpes-Maritimes, propriétaire du port de Nice, a constaté en 2010 une très forte augmentation du nombre de passagers et de véhicules pour la Corse, avec 916 088 passagers et 312 896 véhicules sur cette seule année, ce qui représente une augmentation de 15,90% du trafic de passagers et de 21,10% du trafic de véhicules depuis 2007 !"

Le port de Nice est un port urbain, dont les installations se sont révélées inadaptées à un tel niveau de trafic et où les mesures de pollution atteignent des seuils élevés. En 4 ans, entre 2007 et 2010, le nombre de rotations vers la Corse a augmenté de 17,57%". Et d'ajouter que "cette réduction s’est faite proportionnellement aux escales affectées en 2010, de manière à maintenir l’équilibre de l’offre entre les 2 compagnies qui desservent la Corse et à revenir à un trafic équivalent à celui qu’a connu le port de Nice en 2007. En aucun cas cette décision ne remet en cause la qualité de la desserte avec la Corse. Les conséquences internes tirées de cette décision par la SNCM ne me concernent pas. C’est pour cette raison que je n’ai pas souhaité recevoir aujourd’hui la délégation de la CGT de la SNCM venue de Marseille."

Les conseillers généraux communistes plaident pour la mixité du port

D'autres voix sur ce dossier se sont fait entendre comme celles de la gauche communiste départementale. Dans une déclaration commune, Noël Albin, Francis Tujague et Jacques Victor conseillers généraux communistes insistent sur la nécessité de préserver l’équilibre entre cadre de vie et activité économique. "En mars2007, nous rappelions que mettre l’accent sur la vocation petite et moyenne plaisance, sans évoquer les autres activités, revient à faire l’impasse sur celles-ci, à savoir le fret, les croisières et surtout la continuité territoriale vers la Corse, segment très important dans ces activités pour nombre de nos concitoyens et qui relève d’une logique d’aménagement du territoire et de service public."

"Sans parler, pour le fret, de son incidence sur certaines activités économiques locales, notamment industrielles. Nos craintes se révèlent aujourd’hui fondées et ce sont paradoxalement les mêmes ayant soutenu au départ le projet pharaonique de tête de ligne pour les croisières qui cherchent, depuis sa mise en échec, à opposer de façon démagogique la préservation du cadre de vie avec l’activité économique du Port et les emplois qui s’y attachent." Et de dénoncer, derrière cette façon de faire une volonté de "créer les conditions objectives d’une opération de recomposition sociale de tout ce secteur visant à le transformer en quartier réservé pour plaisanciers fortunés et à en exclure les populations environnantes actuelles." De prime abord fonctionnelle, la décision de réduire le nombre de rotations Nice-Corse n'a sans doute pas fini de lever des tempêtes.