MAPIC 2026 à Cannes : le commerce physique fait de la résistance

Le salon international de l’immobilier commercial s’est achevé mercredi au Palais des Festivals de Cannes. Il a confirmé un marché qui crée désormais de la valeur sur les sites existants plutôt qu’en construisant, porté par les retail parks, les centres-villes, le loisir et l’arrivée d’enseignes venues d’Asie et d’Amérique du Nord.

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Malgré un contexte économique incertain, le MAPIC a de nouveau pris le pouls du marché de l’immobilier commercial et du retail. Les 3 et 4 novembre à Cannes, le salon organisé par RX France a réuni près de 3 600 participants, dont 1 000 enseignes, soit une progression de 10 % sur un an selon les organisateurs. Pour sa deuxième année, le format compact lancé en 2025 a été complété par des formules de participation plus flexibles. Les grands noms du secteur figuraient parmi les 150 exposants : foncières, gestionnaires d’actifs et brokers internationaux, d’Altarea à Klépierre, de Westfield à Carmila, de Frey à Hammerson, jusqu’à CBRE, Cushman & Wakefield ou Savills. (Photo WTM : un des nombreux stands du MAPIC 2026).

Commerces de centre ville et retail parks

Le premier enseignement de l’édition concerne les projets neufs. Avec des volumes d’investissement très contrastés selon les régions et des projets de développement en recul, l’enjeu se déplace vers la création de valeur sur les actifs existants, par les redéveloppements, les extensions et un merchandising mieux adapté aux attentes des consommateurs. 

Deux classes d’actifs se sont imposées au centre des débats. Les commerces de centre-ville, d’abord, ont eu leur espace dédié aux High Streets, où élus, agents spécialisés et enseignes ont pu se rencontrer. En partenariat avec Cushman & Wakefield, un cycle de présentations a dressé le panorama des grandes artères commerçantes européennes, de leurs valeurs locatives et des enseignes récemment arrivées. Les retail parks, ensuite, ont fait l’objet d’un nouveau forum organisé avec Accessite. Les enseignes apprécient la flexibilité et l’accessibilité financière de ce format, et les investisseurs la stabilité de ses revenus. Les experts ont toutefois mis en garde : cette classe d’actifs n’est pas simple à gérer, et la transformer en centre commercial ferait perdre au modèle sa singularité.

De nouvelles enseignes qui viennent d'Asie

Le MAPIC joue aussi son rôle de “tête chercheuse” des nouvelles enseignes. Le luxe a renforcé sa présence avec Brunello Cucinelli, Burberry, Messika, Kering, Fusalp ou Trussardi. Les enseignes asiatiques, et notamment coréennes, très recherchées, étaient nombreuses : POP MART, Hazzys, Chungchun Rice Dog ou Genki Sushi. Côté Amérique du Nord et Australie, Wendy’s, Wingstop, Chick-fil-A, Arc’teryx ou Anine Bing ont confirmé l’intérêt des marques pour le marché européen. Le loisir, devenu locomotive des destinations commerciales, était représenté par IMAX, Secret Cinema, Five Iron Golf ou Zero Latency.

 La restauration, autre pilier des centres, l’était par Dunkin’, Honest Greens ou le monégasque Giraudi Group. Nouveauté de l’édition, des sessions “Géo-focus” ont aussi éclairé des marchés hors d’Europe. Les acteurs du Moyen-Orient ont souligné que la région doit être abordée comme une juxtaposition de marchés locaux. L’Inde a été présentée comme un marché arrivé à un point de bascule pour les marques européennes, à condition de bien choisir son partenaire local.

Les contours du retail de demain

Les conférences ont esquissé les contours du retail de demain. Simon French, chef économiste de Panmure Liberum, a souligné la résilience des consommateurs, qui continuent d’épargner dans un climat incertain et inflationniste. Il a aussi appelé à la prudence sur l’IA : elle réduira les coûts de production, mais soulève des inquiétudes sur la propriété intellectuelle et sur son impact sur les économies locales et les centres-villes. Laure Kruithof, Retail Director d’Aroma-Zone, a détaillé le modèle intégré de l’enseigne, présente sur le segment porteur de la beauté et du bien-être. Il repose sur une communauté digitale puissante et sur un sourcing et une production locaux, et la marque vise le doublement de son réseau d’ici 2028. 

Pour Vincent Rouget, CEO d’Unibail-Rodamco-Westfield, le cœur du métier consiste désormais à créer des moments mémorables dans des sites devenus de véritables “morceaux de ville”, animés par leurs communautés. Le groupe mise sur l’expérience client, le retail media et la data. Il développe aussi un modèle de franchise à l’international : lancé avec Cenomi Centres en Arabie saoudite, il doit bientôt s’étendre à la Thaïlande.

Quant au prochain rendez-vous, il est déjà fixé : le MAPIC reviendra au Palais des Festivals de Cannes les 3 et 4 novembre 2027.

 

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