Marineland : le transfert des dauphins vers l'Espagne a commencé
Huit des douze cétacés du parc d'Antibes ont été acheminés vers l'aéroport de Nice mercredi soir, direction le delphinarium de Malaga. Colère des associations.
Le transfert des dauphins de Marineland vers l'Espagne, redouté depuis plusieurs jours par les associations de défense animale, a débuté dans la soirée du mercredi 22 juillet. Après l'échec des recours en justice déposés par une quinzaine d'associations, huit des douze dauphins encore présents dans le parc d'Antibes ont été chargés dans des camions spécialisés, à l'aide de brancards souples et de moyens de levage adaptés, avant d'être acheminés vers l'aéroport de Nice pour un vol à destination du delphinarium de Malaga, exploité par le groupe Parques Reunidos, propriétaire de Marineland. (Photo One Voice : les deux camions qui ont transporté mercredi soir les huit dauphins vers l’aéroport de Nice).
L'association One Voice, présente sur place depuis plusieurs jours, dénonce les conditions de ce transport qu'elle qualifie de “à haut risque” : les animaux devront rester immobilisés hors de l'eau pendant de longues heures, sous des températures nocturnes ne descendant pas en dessous de 24 degrés. L'association et d'autres organisations de défense des cétacés contestent également le principe même de cette opération, qu'elles jugent contraire à l'esprit de la loi de 2021 sur la fin progressive des delphinariums en France. Leur inquiétude porte notamment sur le devenir à plus long terme de ces animaux : plusieurs voix militantes craignent que l'étape espagnole ne soit qu'un point de passage avant d'autres transferts, évoquant notamment l'hypothèse d'un départ ultérieur vers la Chine pour certains individus, ou vers le zoo de Beauval pour lequel un arrêté ministériel évoquant la reproduction des animaux a été pris récemment.
L'opération ne s'arrête pas à ce premier convoi. Les quatre autres dauphins restants doivent encore être transférés vers un parc situé à Valence, en Espagne, tandis que le sort des deux orques du parc azuréen reste suspendu à l'hypothèse d'un transfert vers Tenerife. Les associations continuent de réclamer soit l'arrêt pur et simple de ces transferts, soit la mise en place de solutions alternatives, comme un accueil en centre spécialisé ou en sanctuaire marin, plutôt qu'un simple déplacement vers d'autres structures commerciales.
Face à cette situation, les opposants au transfert reprochent aux pouvoirs publics de ne pas avoir œuvré à une solution de sanctuaire pour ces animaux, et dénoncent ce qu'ils qualifient de “scandale d'État”. Les équipes de One Voice, mobilisées devant Marineland, annoncent poursuivre leur veille durant la nuit pour suivre l'évolution de l'opération.

