Monaco en Chiffres : bilan économique 2025 en recul avec la fin des grands chantiers
Devant plus de cent chefs d'entreprises et représentants des institutions réunis par le MEB (Monaco Economic Board), l'IMSEE a présenté avec “Monaco en Chiffres” les principaux indicateurs économiques de 2025 . Si ces indicateurs sont en baisse, ils le sont par rapport à une année 2024 exceptionnelle et s’expliquent, pour l’institut, par la fin des grands chantiers comme Mareterra.
Ce n’est pas courant à Monaco : des chiffres économiques en baisse d’une année sur l’autre. En présentant “Monaco en Chiffres”, mardi, au Novotel Monte-Carlo devant plus de cent chefs d'entreprises et représentants des institutions réunis par le MEB (Monaco Economic Board) Alexandre Bubbio et son équipe de l’IMSEE ont aussi tout de suite tempéré. Oui, les indicateurs économiques de 2025 sont en baisse. Mais d’expliquer qu’il fallait relativiser : 2024 a été exceptionnelle sur de nombreux aspects et ce ralentissement 2025 tient principalement à la fin de grands chantiers comme Mareterra. (Photo DR : Alexandre Bubbio, directeur de l'IMSEE).
Habituellement, pour présenter l’économie monégasque, l'Institut monégasque de la statistique et des études économiques aime à mettre en avant trois données qui, pour lui, résument la Principauté : 38 857 résidents et 65 117 salariés en 2025, un PIB de 10.279 millions d'euros en 2024 (celui de 2025 n’a pas encore été publié). Sur cette base solide, si l'excédent budgétaire de l'État reste élevé, à 179,7 M€, il est en recul par rapport à l'année précédente, mais le solde demeure positif pour la cinquième année consécutive, depuis la période Covid. Le chiffre d'affaires global, lui aussi en baisse, reste néanmoins le troisième plus haut de l'histoire de la Principauté a expliqué Alexandre Bubbio.
Quelques regards par secteurs ont été donnés.
- Commerce extérieur. L'Europe demeure le partenaire dominant, mais la Chine fait une percée notable parmi les fournisseurs de Monaco, se positionnant désormais en quatrième position derrière l'Italie, le Royaume-Uni et l'Allemagne.
- Immobilier. Il reste à un niveau très élevé, porté par les constructions récentes, ce qui a conduit l'IMSEE à revoir sa méthode de calcul du prix au mètre carré afin d'éviter les distorsions liées à certaines ventes exceptionnelles. Un aperçu du niveau astronomique des prix est donné : pour une transaction en 2025, le prix au mètre carré d'un bien construit pendant la période 2020 à 2029 est estimé à 65.602€.
- Tourisme. Les tendances sont positives, avec un taux d'occupation des chambres en hausse de 1 % et un chiffre d'affaires de l'hébergement-restauration en progression de 6,3 % par rapport à 2024 ; Français, Américains, Italiens et Anglais représentent près de la moitié des visiteurs.
- Construction et activités de service administratif et de soutien. Elles intègrent le travail temporaire et sont directement touchées par la fin des grands chantiers. Un recul cependant relativisé par l'équipe de l'IMSEE, qui souligne que le niveau de 2025 reste supérieur à toutes les années antérieures à 2022.
- Emploi. Le marché de l'emploi a légèrement reculé de 0,7 %, avec 77 866 emplois recensés, principalement en raison du secteur de la construction, tandis que les autres activités demeurent stables ou en hausse.
- Salaires. Nouveauté de cette édition du Monaco en Chiffres : l'évocation des salaires, avec un salaire brut médian de 3 475 euros et un salaire brut moyen de 5 195 euros. Le salaire médian apparaît légèrement supérieur pour les femmes, mais l'écart s'inverse pour le salaire moyen, tiré vers le haut par les très hauts revenus majoritairement captés par les hommes.
Pour conclure sa présentation, le Directeur de l'IMSEE a évoqué les tendances de ce début d'année 2026, dans la continuité de 2025 : une activité globale plutôt en baisse, mais limitée à des secteurs bien identifiés ayant bénéficié de plusieurs années exceptionnelles consécutives. La plupart des autres secteurs poursuivent leur progression, à l'image du nouveau secteur des arts, sports et activités récréatives, créé lors du changement de nomenclature en début d'année, dont le chiffre d'affaires progresse de 5 %. L'emploi, en hausse de 2 % par rapport au premier trimestre 2025, et le solde de créations/radiations d'entreprises, largement positif à +73, confirment pour l’IMSEE la bonne santé économique d'ensemble de la Principauté. Pour l’IMSEE aussi, pas d’inquiétudes sur l’économie monégasque.