Le parquet de Monaco a annoncé samedi 5 septembre la mise en examen de l'avocat Thierry Lacoste, ami d'enfance et ancien conseil du prince Albert II, pour association de malfaiteurs, corruption active sur un agent public national en bande organisée, trafic d'influence passif en bande organisée et blanchiment. Placé en garde à vue mercredi puis présenté au juge d'instruction à l'issue de deux prolongations, il a été placé sous contrôle judiciaire. L'enquête fait suite à une plainte du promoteur immobilier Patrice Pastor concernant le projet interrompu de l'esplanade des Pêcheurs, pour lequel l'État monégasque avait été condamné à verser 136 millions d'euros à l'entreprise Caroli, intérêts courant depuis 2018 non compris ; le prince Albert II et l'État monégasque s'étaient portés partie civile dans la procédure.
Cette mise en examen relance la bataille médiatico-judiciaire ouverte en 2021 par la publication des “dossiers du Rocher”, où un corbeau anonyme accusait plusieurs proches d'Albert II de collusion. L'ancien président du tribunal suprême Didier Linotte avait été le premier mis en cause dans ce dossier, en juin 2025, tandis que l'ex-administrateur des biens de la Couronne Claude Palmero a lui aussi été inculpé à deux reprises depuis janvier. Le cabinet de Thierry Lacoste a dénoncé une mise en examen fondée sur des “accusations infondées”, quand l'avocat du prince, Cyril Bonan, a estimé que les personnes visées par des indices graves et concordants devront “répondre de leurs actes”.