Monaco : une nouvelle économie de guerre Covid selon Ludovic Subran

Chef économiste d'Allianz et de l’assureur-crédit Euler Hermes, Ludovic Subran a expliqué devant les membres du Monaco Economic Board comment "faire des affaires en économie de guerre". Reprenant face à la pandémie le mot "guerre" employé par le président Macron, il a mis en avant une "économie qui intègre une peur, une menace invisible qui joue fortement sur les décisions d’épargne, de consommation, d'investissement et d’intervention.”

Pour le MEB (Monaco Economic Board) et les dirigeants d'entreprises monégasques, c'est toujours un temps fort de l'année : la conférence de Ludovic Subran. Chef économiste d'Allianz et de l’assureur-crédit Euler Hermes, enseignant à HEC et Science Po, il a travaillé à la Banque mondiale, fait partie des cent leaders français de demain et se révèle comme l'un des meilleurs décrypteurs de l'économie mondiale et de ses tendances. Plus qu'intéressant aussi d'avoir son avis à un moment où la pandémie Covid-19 vient rebattre les cartes et ouvrir sur un monde différent.

"Une économie qui intègre une peur, une menace invisible"

Le thème de son intervention qu'il a donnée cette année, coronavirus oblige, à distance, en "MEBinaire" ? "Comment faire des affaires en économie de guerre ?" Un mot guerre qui faisait référence aux propos d'Emmanuel Macron du 16 mars, au début de la période de confinement. Ludovic Subran a ainsi parlé d'une nouvelle économie de guerre “qui n’est pas une économie de la reconstruction ou de la destruction mais une économie qui intègre une peur, une menace invisible qui joue fortement sur les décisions d’épargne, de consommation, d'investissement et d’intervention.”

Sur ce thème, il a passé en revue les grandes tendances de l’économie mondiale face à la Covid19 et les moyens de rebondir. Ludovic Sabran a notamment évoqué l’aspect inédit de la crise économique, les risques “oubliés”, oblitérés par la pandémie et ses conséquences qui pourraient revenir comme des boomerangs, à commencer par le Brexit.

Des pistes esquissées pour la relance

D’autres sujets ont été passés en revue : les différentes réponses monétaires proposées par les pays, les retards dans les investissements mais aussi dans les faillites, la présence de réserves de “cash” non dépensées par prudence ou encore l’influence des résultats des élections américaines en novembre. Enfin, des pistes ont été esquissées pour réussir la relance. Autant de thèmes décryptés avec beaucoup de pédagogie et de brio mais aussi avec une grande aisance conviviale.

Enfin, ce webinaire n’a pas dérogé au format du MEB avec une série de questions posées par les participants en fin d’exposé. Par exemple, interrogé sur les investissements à prioriser pour les entreprises, Ludovic Subran évoque les ressources humaines pour assurer la résilience, la numérisation devenue incontournable, mais également, si possible, la croissance externe car les opportunités de rachats sont à venir...

Et si un secteur pour se lancer devait être choisi, l’économiste propose les services des soins aux personnes âgés ou dépendantes. Un segment prometteur car paradoxalement, l’humain et la proximité ont encore toute leur place dans un monde de plus en plus numérisé et internationalisé.

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