Mougins : les nouvelles ambitions de l’hôtel Mas Candille
Sous la direction de Pierre-Marie Ragon avec aux fourneaux le chef Alexandre Boucobza, le mythique cinq étoiles de l'arrière-pays cannois écrit un nouveau chapitre, porté par une rénovation intégrale signée Hugo Toro et l'ambition conjuguée de ses propriétaires Jean-Philippe Cartier et de la famille Courtin-Clarins. Une renaissance.
Il y a des adresses qui font partie du patrimoine immatériel d'une région. Le Mas Candille, perché sur les hauteurs de Mougins avec vue sur l'arrière-pays grassois, est de celles-là. Après une longue période de sommeil (une fermeture de 2020 à 2024), cet hôtel cinq étoiles a entamé une nouvelle vie sous l'impulsion de Jean-Philippe Cartier, fondateur du groupe H8 Collection, et de Prisca Courtin, présidente du conseil de surveillance du groupe Clarins. Ensemble, ils ont fait le choix d'une transformation totale : 46 chambres et suites entièrement repensées, un spa Clarins, deux piscines, un parc de quatre hectares et une offre de restauration reconstruite de zéro. Ils entament aujourd’hui leur troisième saison. (Photo DR : l'espace spa du Mas Candille).
À vingt minutes de Nice et de la Croisette, le Mas Candille s’est ainsi positionné comme une destination de séjour à part entière, pensée pour une clientèle en quête de confidentialité, de design et de douceur méditerranéenne. La signature visuelle de cette métamorphose est celle d'Hugo Toro. Ce jeune architecte d'intérieur franco-mexicain est parti d'une feuille presque blanche pour redonner au lieu l'âme d'un vrai mas provençal, tout en lui insufflant la décontraction lumineuse d'une grande villa californienne. Bois de chêne teinté, marbres colorés, textiles peints à la main, objets chinés personnellement par l'architecte : chaque détail a été pensé pour créer une atmosphère enveloppante et immédiatement identifiable, loin des codes uniformes du luxe hôtelier international parfois très ostentatoire.
Pour incarner cette nouvelle identité au quotidien, le Mas Candille a confié en début d’année sa direction à Pierre-Marie Ragon, MOF 2023 (Meilleur Ouvrier de France) dans la classe Maître d'hôtel. Plus de vingt ans de carrière dans des maisons d'exception (Martinez à Cannes, Président Wilson à Genève, St. Regis Bora Bora, hôtel du Couvent à Nice où il a fait l’ouverturre) lui ont forgé une philosophie bien concrète : l'excellence ne se décrète pas, elle se construit dans l'attention aux détails et l'authenticité de chaque interaction. Manager reconnu pour sa capacité à révéler les talents, il est aussi pédagogue actif, intervenant à l'École ICARE et au lycée hôtelier de Nice où est née sa vocation.
Aux fourneaux, c'est Alexandre Boucobza qui a pris les commandes. À 33 ans, ce chef au parcours déjà étoffé (Grand Véfour aux côtés de Guy Martin, Villa Archange avec Bruno Oger, La Réserve Paris avec Jérôme Banctel, Baumanière lors de l'obtention de la troisième étoile de Glenn Viel) s’est installé aux fourneaux du Mas Candille avec une idée bien en tête : autour d'une notion de partage à table, proposer une cuisine ancrée dans les terroirs provençaux et italiens, précise dans le geste, sensible dans l'intention. Ensemble, ils forment un binôme sur lequel repose la combinaison gastronomique et hospitalière du nouvel établissement.
La renaissance du Mas Candille illustre aussi une dynamique plus large à l'œuvre sur la Riviera : la revalorisation d'anciens lieux de prestige par des investissements porteurs de sens, pour les replacer dans la compétition internationale du luxe. Dans ce paysage, le Mas Candille occupe une position singulière : ni palace urbain, ni resort balnéaire, il propose un refuge de colline, intime et généreux a, où le temps semble suspendu. Entre oliviers et lumière éclatante, la belle adresse a retrouvé son rang.