Dix ans après l'attentat qui a endeuillé la Promenade des Anglais, Nice a déployé un programme mémoriel étalé sur plusieurs jours. Les commémorations ont été lancées le 12 juillet par une marche solennelle à forte participation citoyenne, entre l'hôpital Lenval et le kiosque à musique, suivie le 13 juillet d'une cérémonie interreligieuse à la Villa Masséna, où sept dignitaires religieux ont porté un message d'unité aux côtés des familles de victimes. Le 14 juillet, l'hommage se veut à la fois républicain et mémoriel : défilé militaire, démonstration de la Patrouille de France, puis cérémonie sur la place Masséna, avant une soirée mêlant concert de l'Orchestre philharmonique de Nice, spectacle de drones et allumage de 86 faisceaux lumineux à 22h34, heure symbolique de la fin de la course du camion, en référence aux 86 victimes.
La cérémonie mémorielle de ce 14 juillet est présidée par Emmanuel Macron. Une cérémonie sobre, avec minute de silence en mondovision, avant la demi-finale des Bleus. Ses prédécesseurs François Hollande et Nicolas Sarkozy, plusieurs ministres et anciens ministres, le maire de Nice Eric Ciotti, le prince Albert II de Monaco, des représentants de différents partis sont présents à côté d'un large panel d'élus, de familles de victimes et de primo-intervenants. Les associations de victimes (Promenade des anges, Mémorial des anges, Life for Nice et Une voix des enfants) sont au cœur du dispositif porté par la Ville. Le monde sportif niçois s'est également associé à l'hommage, avec notamment Claude Puel et des joueurs de l'OGC Nice, signe de l'ampleur du soutien local autour de cet anniversaire. Mais le recueillement n'efface pas les polémiques : la sécurisation de la Promenade des Anglais et le traitement judiciaire du dossier restent des plaies ouvertes. Des proches de victimes réclament toujours des réponses sur les responsabilités et dénoncent l'absence de procès sur certains aspects de la sécurité, tandis que Christian Estrosi a relancé la critique d'un possible “mensonge d'État”.
Au-delà du 14 juillet, la ville entend prolonger le souvenir dans un format de mémoire collective, solennelle, populaire et symbolique, associant habitants, familles et autorités dans un même rituel. Les faisceaux bleus illuminant le ciel niçois en seront l'expression la plus visible. Mais la suite de cette mémoire ne se jouera pas seulement dans les symboles : dix ans après le drame, elle dépendra surtout de la capacité de l'État et de la justice à répondre aux zones d'ombre encore discutées, pour que le recueillement puisse un jour s'accompagner d'un véritable apaisement.