Nice-Matin : le conflit avec le Groupe Hersant Média se durcit

Posté mer 21/04/2010 - 09:15
Par admin

Nice-Matin : le conflit avec le Groupe Hersant Média se durcit

Parue sur le site de Sosnicematin.com avec un grand "MERCI", la photo de la Nice-Party de dimanche à Nice. Une réunion ludique et conviviale en soutien aux salariés de Nice-Matin, avec le concours des artistes locaux qui a réuni environ 5.000 personnes.

 

Pas de Nice-Matin dans les kiosques, ni dans les boites à lettres pour ceux qui le reçoivent par portage : les personnels de Nice-Matin, Var-matin et Corse-Matin ont voté hier mardi une nouvelle grève de 24 heures. C'est la troisième qu'ils observent depuis le début d'avril (1er avril et 6 avril pour les deux grèves précédentes).

 

Le projet de vente du siège du journal confirmé

 

Toujours en cause : le projet de leur maison-mère, le Groupe Hersant Média (GHM) de vendre le siège du journal, le grand bâtiment de la route de Grenoble à Nice. Il s'agit d'une opération de "lease-back" par laquelle GHM compte récupérer du "cash" (l'argent de la vente de l'immeuble estimé entre 30 et 50 M€) tout en restant dans les lieux mais, cette fois, en payant un loyer (entre 3 et 5 M€ annuels). Pour les salariés de Nice-Matin, le problème tient dans le fait que l'argent ira au renflouement de GMH actuellement très endetté et placé sous la pression des banques, mais que ce sera Nice-Matin qui paiera le loyer. Une charge supplémentaire qui risque de déséquilibrer les comptes du journal régional.

 

L'ensemble du personnel (administratifs, journalistes et techniques) s'est donc mis résolument vent debout contre ce projet de "cession-bail". Outre les deux journées de grève qu'ils ont organisées au début du mois, ils se sont lancés dans quelques opérations spectaculaires, comme une manifestation médiatique au MIPTV de Cannes, la publication d'une page dans Libération avec la photo symbolique des salariés dénudés, ou encore la grande "Nice Party" de dimanche au Théâtre de Verdure qui, avec le soutien des artistes locaux, a réuni quelque 5.000 personnes. La nouvelle grève d'hier mardi, qui a pour conséquence une non-parution du quotidien daté du mercredi 21 avril et une non actualisation du site internet Nicematin.com jusqu'à 14 heures, tient dans une confirmation de GHM : le groupe compte bien mener ce projet de vente du siège.

 

SOS Nice-Matin en version papier aujourd'hui à la place des éditions habituelles

 

C'est son directeur, Dominique Bernard qui est venu confirmer ce projet hier aux représentants syndicaux. Une rencontre qui a été plutôt brève mais qui a permis d'obtenir quelques chiffres : la reconnaissance d'un montant de dettes du groupe Hersant de 200 M€ et, pour le montant du loyer que Nice-Matin aurait à payer, cette fourchette de 3 à 5 M€. D'où cette nouvelle action décidée par l'intersyndicale suite à une assemblée générale des salariés qui lui a donné mandat à l'unanimité pour "entreprendre toute action qu'elle jugerait nécessaire" permettant de faire barrage à la vente.

 

La grève s'est cette fois doublée d'une occupation du siège de la route de Grenoble. "Les salariés ont décidé de publier un journal de 8 pages, expliquant leur mouvement et ses enjeux, explique Jean-François Roubaud, délégué SNJ, qui s'exprime au nom de l'intersyndicale. "Sous le titre SOS Nice-Matin, il est tiré à 200.000 exemplaires. Sa distribution se fait aujourd'hui à la place des éditions habituelles de Nice-Matin". La suite du mouvement ? Elle devrait se décider dans la journée, la situation, comme celle du volcan islandais, évoluant très rapidement. Ce qui est sûr, c'est que les deux parties ont désormais bien affirmé leur position et que le bras de fer en cours risque maintenant de se durcir singulièrement.

 

Ajouter un commentaire