Nice-Matin : l'heure de la reprise du groupe sonne aujourd'hui

NJJ, la holding personnelle de Xavier Niel présente aujourd'hui son projet de reprise lors d'une assemblée générale des salariés-actionnaires de Nice-Matin. Il a été accepté presque à l'unanimité (99,6%), la CGT s'étant ralliée finalement au projet. Un conseil d'administration du groupe se tient demain et devrait entériner le départ de la direction actuelle dont Jean-Marc Pastorino, le Pdg.

Siège Nice-Matin

C'est une nouvelle et grande étape qui se joue aujourd'hui pour le quotidien régional Nice-Matin : les salariés-actionnaires doivent acter ce jeudi le rachat à 100% de leur groupe de presse par Xavier Niel. Ce changement d'actionnaire est associé à un plan de départ volontaires pour 80 salariés non journalistes, tandis qu'à l'occasion de cette reprise, des départs de la rédaction sont envisagés et devraient être compensés par de nouvelles embauches (environ 35 journalistes devraient ainsi demander à bénéficier de la "clause de cession" qui leur permet de quitter l'entreprise en touchant leurs indemnités). 

Article publié à 11h20 et actualisé à 19h20 : les salariés actionnaires ont accepté le rachat quasi à l'unanimité : 99,6%

Le projet de NJJ soumis aujourd'hui aux salariés-actionnaires

NJJ, la société personnelle de Xavier Niel qui deviendrait propriétaire entièrement du Groupe Nice Matin, présentera ainsi son projet aujourd'hui aux 456 salariés-actionnaires de la SCIC (Société Coopérative d'Intérêt collectif) réunis en assemblée générale. Demain vendredi, un conseil d’administration est prévu à l’issue duquel Jean-Marc Pastorino, le Pdg actuel qui avait entamé un bras de fer avec ce nouvel actionnaire, devrait passer la main. Il serait provisoirement remplacé par Anthony Maarek, directeur général de NJJ.

Cette étape a été rendue possible suite au feu fer donné fin janvier par l'Autorité de la concurrence. Elle avait conclu que les chevauchements d'activité étaient limités entre les titres nationaux dans lesquels Xavier Niel est déjà impliqué (Le Monde et l'Obs) et les titres régionaux que sont Nice-Matin, Var-Matin et Monaco-Matin.

Un groupe de presse qui continue à perdre de l'argent

Entré très tard et par surprise (en juin dernier) dans ce dossier de rachat du grand groupe de presse régional, Xavier Niel avait repris à la barbe d'Iskandar Safa (Privinvest) alors seul sur l'opération, les 34% de parts que détenait l'industriel belge Nethys. Le Pacte d'actionnaire stipulait que Nethys devait monter en février 2020 à 100% dans Nice-Matin, en reprenant les 66% de parts des salariés-actionnaires. C'est donc NJJ qui se substitue à Nethys et prend le contrôle à 100% de Nice-Matin.

La montée dans le capital se fera en deux temps : de 36 à 51% au 24 février puis 100% en juin après l'accord du ministère qui devrait intervenir rapidement.

Le projet présenté aujourd'hui servira de support au plan de continuation de l'entreprise qui doit être présenté au tribunal de commerce avant le 6 mars et devrait permettre au groupe de presse de sortir de la procédure de sauvegarde. Il emploie actuellement environ 850 personnes dont 500 techniques et administratifs, près de 200 journalistes et 150 livreurs. Si sa diffusion monte sur le Web (7.200 abonnés numériques fin décembre selon les données de l'ACPM), elle baisse au fil des ans sur le papier (115 000 exemplaires en 2019 pour les trois titres). Le groupe continue aussi à perdre de l'argent (environ 5 millions d’euros l’an dernier pour un chiffre d’affaires de l'ordre de 80 millions d’euros). Mais désormais, avec la reprise, son avenir s'éclaircit nettement.

 

Les salariés-actionnaires multiplient par cinq leur apport

Le rachat des parts des salariés actionnaires qui avaient alors, en 2014, investi leur treizième mois (66% du capital) devrait se faire sur un montant de 5 M€. C'est ce qui était proposé dans l'offre d'achat des parts de la SCIC que NJJ avait présenté lors de l’assemblée générale des salariés actionnaires du 20 décembre 2019. Une offre que la CGT avait alors rejetée au grand dam du corps des journalistes. Elle avait alors estimé cette offre insuffisante (elle demandait le double) mais la juge aujourd'hui "satisfaisante" depuis que ce montant "a été clairement séparé de la somme consacrée aux indemnités de départ des salariés".

Cette offre à 5 M€ reste sur la table et a été entérinée. Elle multiplie grosso modo par cinq ce que les salariés avaient investi en 2014 pour sauver leur entreprise : 925 000 euros avec des parts allant de 770 euros à 7 700 euros.

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