Nice : penser la justice et les métiers du droit à l'heure de l'IA

Une série de séminaires est organisé par Université Côte d'Azur cette semaine à Nice sur le thème "Justice et algorithmes" à l'occasion de l'inauguration de la nouvelle chaire d'excellence 3IA "Droit économique et IA". Une question de fond est posée : comment penser la justice et les métiers du droit à l’heure des algorithmes et de l’intelligence artificielle ?

Chaire UCA illustration

De Nice à Sophia, la Côte d'Azur sera plongée cette semaine dans l'IA, l'Intelligence Artificielle. Alors que se tiendront dans la technopole le SophI.A summit et toute une série d'événements avant et après, à Nice ce sont les bouleversements qu'apporteront algorithmes et IA dans la justice et les métiers du droit qui seront sous la loupe. A l'occasion de l'inauguration de la chaire d’excellence 3IA "Droit économique et IA", Université Côte d'Azur organise à cet effet une série de séminaires sur le thème "Justice et algorithmes". Avec en leitmotiv une question centrale : "comment penser la justice et les métiers du droit à l’heure des algorithmes et de l’intelligence artificielle ?".

La leçon inaugurale par un spécialiste de "cyberjustice"

Intitulée "Une courte histoire d’Internet : la régulation des (par les) artefacts technologiques", la leçon inaugurale sera donnée demain mardi 19 novembre de 17 à 20 heures à la Faculté de Droit et Science Politique de Nice par Karim Benyekhlef. Professeur à la faculté de droit de l’Université de Montréal et directeur du laboratoire de cyberjustice, ses travaux visent à accroître et faciliter l’accès à la justice en développant des outils logiciels et en analysant les obstacles à leur implantation, de même que leurs possibles incidences socio-juridiques.

Les conférences auront lieu à la faculté de droit et science politique d’Université Côte d’Azur, au Centre Universitaire Méditerranéen et à la Maison du Barreau. Elles permettront d’aborder les délicates questions liées à la cyberjustice et de participer ainsi à l’effort de réflexion des juristes face aux bouleversements annoncés. La problématique des droits fondamentaux sera aussi posée, grâce à un séminaire consacré aux répercussions sur la liberté d’expression qu’occasionne l’usage des algorithmes dans le discours public.

Les "deep tech" vues sous l'angle juridique

Nommée Koyré en hommage à un illustre théoricien de la “révolution scientifique”, la chaire Droit économique et Intelligence artificielle ambitionne quant à elle d’explorer, analyser et critiquer le phénomène des "Deep Tech", sous l’angle juridique. Elle est dirigée par Marina Teller, professeur à la faculté de droit et science politique à Université Côte d’Azur, et titulaire d’une chaire 3IA au sein du 3IA Côte d’azur. Cette chaire articule différentes thématiques, notamment les questions de régulation de l’IA, la protection des données dans le cadre des smart cities, l’encadrement juridique des blockchains, les utilisations de l’IA dans le secteur bancaire et financier.

Elle vise à positionner Université Côte d’Azur, comme moteur dans le domaine de la recherche en droit sur l’intelligence artificielle. Elle est l’un des piliers du programme de recherche Deep Law for Technology (DL4T), qui a pour ambition de participer à la construction de normes juridiques nécessaires à l’émergence des "deep tech" dans le domaine du big data, de l’intelligence artificielle ou encore de la blockchain.