Note de conjoncture de l'Insee : de sombres perspectives

Posté ven 20/03/2009 - 05:35
Par admin

Rien de très gai dans la dernière note de conjoncture de l'Insee. Pour l'Institut national de la statistique et des études économiques, loin de s'atténuer, la crise économique se prolonge, voire s'amplifie pour la France comme pour l'économie mondiale en général. Les différents chapitres d'une longue note en témoignent. L’activité se replie et le commerce mondial chute; les marchés financiers toujours en attente de normalisation; la France resterait comme ses principaux partenaires en récession; le repli de l’investissement s’accentuerait; l’inflation continuerait de se replier du fait de la baisse de la demande et des prix du pétrole; le marché du travail affaibli par la récession; la consommation progresserait encore mais plus faiblement : ce sont là les grands traits du paysage que brosse l'Insee.

 

L'Institut ajoute par ailleurs qu'en raison du caractère exceptionnel de ce que nous vivons aujourd'hui, "une incertitude forte entoure cette prévision". Les conjoncturistes aussi préfèrent ne pas s'avancer au-delà de juin. Tout juste notent-ils qu'à "l'horizon du premier semestre 2009, les perspectives ne s'éclaircissent pas", en raison notamment d'un repli toujours net du commerce mondial, après une chute historique de 6 % au quatrième trimestre 2008.

 

En ce qui concerne l'économie française, on se doute que le tableau n'est pas rose. L'Insee a même revu à la baisse d'une façon draconienne ses précédentes prévisions de décembre et qui n'étaient déjà pas optimistes. En décembre 2008, il était fait état d'une contraction du PIB (produit intérieur brut) de -0,4 % pour le premier trimestre 2009 et de -0,1 % pour le deuxième. Aujourd'hui, les prévisions vont sur du -1,5 % pour ce trimestre en cours et de -0,6 % pour le second trimestre. L'Insee estime aussi qu'à la mi-2009, soit à la fin de ces deux premiers trimestres difficiles, l'acquis de croissance sera très largement négatif : -2,9%. Les précédents records de contraction du PIB, ceux de 1993 (-0,9 %) et de 1975 (-1 %) sont explosés. Pour mémoire, le gouvernement table sur -1,5% et cela pour la totalité de l'année 2009.

 

Du même coup, alors que le climat des affaires s'est encore dégradé en février, que l'amélioration des marchés financiers n'est encore que limitée et que la crise immobilière perdure, l'emploi se dégraderait plus encore que prévu. En décembre, le taux de chômage était envisagé à 8% fin juin. Aujourd'hui, la prévision s'est alourdie avec un taux de chômage à 8,8% d'ici moins de 3 mois et demi. Sombres perspectives.

 

Lire sur le site Insee.fr : "Note de conjoncture, mars 2009 : La récession se prolonge"

 

 

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