Open Sky à Valbonne : et maintenant ?

A Valbonne, c'est la liste écologiste "Futur et nature" de Joseph Cesaro, liste opposée au projet Open Sky de centre commercial, qui l'a emporté. Annulation ? Nouvelle révision ? Statu quo ? Que peut faire la nouvelle équipe et que va devenir ce vaste programme immobilier qui divise la commune depuis des années ?

Il a été au cœur du débat des dernières municipales à Valbonne le projet Open Sky. La construction d'un nouveau centre commercial (100.000 m2 dont 60 000 m² de surfaces commerciales, 20 000 m² de bureaux, 10 000 m² d’hôtellerie et services publics) à l'entrée même de Sophia Antipolis dans la ZAC des Clausonnes était vivement contestée par une partie des Valbonnais. Une partie qui s'est révélée majoritaire et qui a remporté la mairie puisque c'est la liste écologiste "Futur et nature" de Joseph Cesaro qui a gagné haut la main le second tour des municipales dimanche dernier (45,46% contre 28,9% pour le maire sortant Christophe Etoré et 25,6% pour l'ancien maire et sénateur actuel Marc Daunis). La seule liste écologiste élue dans le département...

La compagnie de Phalsbourg toujours prête à réaliser Open Sky

Que devient aussi le projet Open Sky dans ce nouveau contexte ? Annulé ? Remanié ? Il est bien sûr trop tôt pour le dire. Mais à travers les arguments et déclarations jetés dans la campagne et les premières réponses à chaud du nouvel élu à la mairie, il est possible d'avoir quelques pistes sur l'évolution de ce dossier à la fois capital pour l'avenir de Valbonne et impactant pour celui de la technopole de Sophia Antipolis.

Annuler l'opération ? Certains pouvaient penser que la crise Covid-19 avec notamment une grosse incidence sur la demande en bureaux tertiaires (la cause au télétravail et à la crise économique redoutée) et les difficultés qu'a rencontrées le secteur du commerce allaient refroidir le promoteur et au mieux reporter le programme dans le temps. Apparemment il n'en est rien comme l'a indiqué Christophe Etoré lors du débat d'avant second tour sur France 3.

Le maire sortant avait contacté récemment Philippe Journo, le Pdg de la Compagnie de Phalsbourg. Ce dernier lui avait alors confirmé son intention de mener à bien Open Sky selon ce qui avait été convenu et lui avait assuré que sa société gardait l'assise financière pour le faire. Rien d'évident à entrevoir de ce côté. D'autant plus qu'Open Sky dispose d'un permis de construire en bonne et due forme, purgé de plus des recours. Reste donc une volonté municipale d'annuler l'opération.

Une annulation qui pourrait coûter de 50 à 80 millions d'euros à Valbonne

Elle est possible. Certes. Mais son coût risque d'être franchement horrible pour les finances communales. Joseph Ceraro avait évoqué 37 M€ dans une interview (ce n'est déjà pas mal), mais les chiffres qui sont revenus le plus souvent et semblent les plus crédibles sont ceux d'une fourchette entre 50 et 80 M€. Car à l'époque les contrats ont été signés sans clause de sorties et, pour l'instant, la Compagnie de Phalsbourg (elle n'en est pas encore à la construction mais a engagé les travaux de dépollution des terrains, a coupé des arbres), a respecté ses engagements. L'exemple de Monaco où le gouvernement a été condamné à verser 150 M€ à Caroli Immobilier pour l'annulation d'un programme de construction a de quoi faire réfléchir.

Beaucoup comptent cependant sur le virage écologiste du gouvernement qui suit les municipales et prend en compte les nouvelles aspirations des Français ou encore sur les propositions de la Convention Citoyenne avec un moratoire sur les surfaces commerciales. A voir. Reste l'option d'une nouvelle révision du projet (une diminution des surfaces commerciale avait déjà été décidée) à l'aune des nouvelles réalités et en accord avec le promoteur.

Sur quelles bases ? Que faire d'Open Sky ? La question se pose plus que jamais. Ce sera l'un des grands dossiers de la nouvelle équipe aux commandes de Valbonne. Dans une déclaration à chaud à France3 Côte d'Azur, peu après son élection, Joseph Cesaro en donnait une première indication prudente : réunir l'ensemble des partenaires, rencontrer les maires des communes alentour (Cannes est particulièrement remontée contre Open Sky) puis discuter avec le promoteur pour voir ce qu'il est possible de faire.

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