Réduction des vols domestiques : une catastrophe pour la mobilité des consommateurs ?

Le souhait du gouvernement d'interdire les vols intérieurs quand une alternative en TGV de moins de 2h30 est disponible n'est guère apprécié par les professionnels du voyage. Si Nice, ne disposant pas de bonne liaison TGV, ne serait guère touché, en revanche cette mesure concernerait une bonne partie des vols domestiques en France métropolitaine. Analyste de politiques publiques pour l'Agence pour le choix des consommateurs (Consumer Choice Center), Bill Wirtz explique pourquoi selon l'association, le rail n'est pas une alternative viable pour beaucoup de voyageurs.

"Il me semble que le gouvernement a une courte mémoire. Il n'y a pas longtemps que toute la France était bloquée par la grève SNCF qui touchait de la grande majorité du réseau, y inclus les passagers internationaux qui fréquentent l'Eurotunnel, ou ceux qui essayaient de se déplacer à Madrid pour la conférence sur le climat. D'expliquer maintenant que les voyageurs doivent mettre leur foi dans la SNCF est d'un cynisme imparable," relève-t-il en préambule.

"Le réseau SNCF n'a pas non plus les capacités pour un tel changement radical. Si on demande aux consommateurs de changer leurs habitudes, il faut aussi leur en proposer des alternatives viables. Les coûts et le confort actuel ne concurrencent en aucun moment les avantages de l'aviation. Le bilan écologique de vols pleins à courte durée n'est pas catastrophique, et à travers le temps nous voyons des améliorations au niveau des nouveaux types d'avions, qui réduisent leur consommation de kérosène," poursuit Bill Wirtz.