Replay : Stop CoViD décrypté par les experts de Telecom Valley et Cédric O

L'avantage des conférences en ligne, c'est qu'elles peuvent être suivies par un public beaucoup plus large que celui de l'écosystème local. Et qu'elles peuvent également être visionnées en "replay" pour tous ceux qui n'étaient pas disponibles au moment du débat. C'est ce dont bénéficie le débat sur l'application Stop Covid de jeudi dernier, débat monté par Telecom Valley en collaboration avec Medinsoft (le pendant de TV sur les Bouches du Rhône). Un débat qui a pu gagner une audience nationale et cela d'autant plus que l'invité vedette n'était autre que Cédric O, secrétaire d'Etat au numérique qui avait porté de bout en bout le projet, tandis que des experts de premier plan figuraient également au programme.

Pari gagné pour cette première, avec un débat franc et transparent, et près d’une heure avec Cédric O, en fin de conférence. Voici le compte-rendu qu'en donne Telecom Valley, tandis que vous pouvez vous plonger ou replonger dans le débat à travers le "replay" posté sur la chaîne Youtube de l'association.

Le regard croisé des cinq intervenants 

Décriée avant même son lancement, l’application de suivi de contact développée pour lutter contre l’épidémie de CoViD-19 a été livrée le 2 juin et elle continue de susciter de nombreux questionnements. Telecom Valley et Medinsoft se sont unies pour proposer au plus grand nombre, un éclairage factuel à 360° de l’application, grâce au regard croisé d’un panel de 5 intervenants experts dans leurs domaines. Une juriste, un entrepreneur, un directeur de recherche, un député et une philosophe étaient réunis virtuellement pour éclairer, chacun selon son domaine de spécialité et d'activités, l'application Stop CoViD qui reste d'une actualité brûlante par bien des abords.

Laurence Vanin (Philosophe et Directrice Chaire Smart City, Université Côte d’Azur) a ouvert le débat en présentant l’approche philosophique de Stop CoViD. C'est un aspect trop souvent absent dans les campagnes de présentation, mais qui reste néanmoins une des clés de réussite de l’opération, car l’acceptation de cette solution numérique implique d’éduquer les citoyens pour percevoir le rôle et l’usage de l’application en tant que vecteur de confiance.

Pour Marina Teller (Directrice FabLex Université Côte d’Azur et Paris Sorbonne), Stop CoViD ne pose pas un problème de qualification juridique, mais politique au sens noble de la gouvernance et des responsabilités publiques, sur l’acceptation sociale et invite à une transformation du système juridique.

Le député Jean-Michel Mis (Ass Nat et CNNum) a précisé que le vote d’un logiciel était une première dans l’hémicycle et que le débat démocratique a fait émerger l’idée d’un bien commun numérique qui ne peut se concevoir que si les individus regagnent une confiance mutuelle et partagée.

D’un point de vue technique, Vincent Roca (INRIA - équipe Privatics) a évoqué un projet hors norme, ainsi que le protocole Robert qui définit la mécanique interne de Stop CoViD. Il a insisté sur le fait que l’application ne fait pas usage de la géolocalisation du téléphone, seulement de la technologie Bluetooth.

Propos étayés par Micha Benoliel (Coalition/Nodle), qui, depuis San Francisco où il a fondé ses sociétés, a partagé son expertise sur cette technologie et sa vision d’industriel de développement de systèmes, pour effectuer ce travail de suivi de contacts.

Des enjeux liés à la souveraineté numérique

La parole a ainsi circulé avec liberté et des avis contrastés ont alimenté la réflexion. Jean Leonetti (président de la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis), médecin lui-même et ancien Ministre, a pu apporter ses éléments d'interprétation éclairants, au moment d’accueillir Cédric O, qui s'est très ouvertement prêté au jeu des questions-réponses avec le public et a assuré une conclusion riche et engagée.

Dans cette session d’échange, le Secrétaire d’Etat a nuancé la question du timing décalé de l’application en indiquant que, bien que l’épidémie soit en décrue, elle a tout de même son utilité et son efficacité, notamment en cas de seconde vague ou dans les départements les plus touchés actuellement comme la Guyane ou Mayotte à ce jour, mais aussi l’Île de France pour sa densité démographique critique. Cédric O a souligné l’importance des enjeux liés à la souveraineté numérique française (notamment au niveau du développement et de l’hébergement de la solution), grâce à l’engagement de chercheurs et entreprises français, qui a permis une publication avant la plupart de nos voisins européens, tout en précisant qu’une solution 100% nationale était en route pour remplacer le “captcha Google”.

Pour ou contre Stop CoViD, les participants ont quitté cette webconférence éclairés par ces échanges de qualité. Suivi en France et à l’international, l’événement a suscité des retours louant la franchise et la transparence des différents intervenants. Ce thème, de l'avis de tous, ouvre des voies nouvelles et alternatives que seule une période aussi inédite pouvait faire naître.