
Face à la poursuite de la dégradation de la ressource en eau sur plusieurs cours d'eau du département, la préfecture des Alpes-Maritimes a annoncé, dans un communiqué du 24 juillet, l'entrée en vigueur de nouvelles mesures de restriction à compter du 25 juillet. Treize communes supplémentaires sont désormais concernées, portant leur nombre total à 43, réparties en trois niveaux de sévérité. Vingt-quatre communes sont placées en alerte, notamment sur les bassins versants de la Siagne amont et aval (Grasse, Cannes, Mandelieu-la-Napoule, Mougins...) et du Loup (Valbonne, Opio, Châteauneuf-Grasse...), où sont désormais interdits le lavage des voitures à domicile, le remplissage des piscines individuelles et l'arrosage en journée des espaces verts.
Quatorze communes des bassins de la Brague (Antibes, Biot) et des Paillons (Contes, Peille, l'Escarène...) passent en alerte renforcée, avec une interdiction totale d'arrosage de jour comme de nuit, une réduction de 60 % des volumes d'arrosage des golfs et la fermeture des douches de plage. Enfin, cinq communes du bassin de la Cagne (Cagnes-sur-Mer, La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence) basculent en stade de crise, le plus contraignant, avec fermeture des centres de lavage automobile non équipés de système de recyclage et interdiction quasi totale d'arrosage.
Cette dégradation s'inscrit dans un contexte météorologique et hydrologique jugé alarmant par les services de l'État. Depuis septembre 2025, le département affiche un déficit pluviométrique cumulé de 15,5 %, atteignant jusqu'à 20 % dans certaines zones, avec des creux particulièrement marqués au printemps et cet été : -87 % en avril, -45 % en juillet par rapport aux moyennes attendues. À ce déficit de précipitations s'ajoutent des anomalies thermiques significatives, avec des températures moyennes supérieures de 2,9°C en juin et de 3,8°C en juillet, un mois d'avril 2026 classé deuxième plus chaud depuis 1947, et 81 % des nappes phréatiques surveillées sous les normales saisonnières. Les débits des cours d'eau, notamment des fleuves côtiers, poursuivent leur baisse, avec l'apparition précoce d'assecs sur certaines zones, tandis que la consommation d'eau progresse depuis avril, jusqu'à +30 % sur certains secteurs.
Les communes non concernées par ces restrictions restent, pour leur part, maintenues au stade de vigilance sécheresse en vigueur depuis le 1er juin, sans mesure contraignante mais avec un appel à la sobriété. Météo-France annonçant une saison estivale plus chaude que la normale, les services de l'État préviennent que de nouvelles restrictions de prélèvement et de consommation sont à prévoir dans les semaines à venir. Les habitants sont invités à consulter le site vigieau.gouv.fr pour connaître les éco-gestes permettant de réduire leur consommation d'eau.