Les orages de cette semaine n'auront pas changé la donne. Le préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux a placé l'ensemble du département en stade de vigilance sécheresse à compter du 1er juin 2026. Cette décision, prise à la suite de la réunion du comité "ressource en eau" du 29 mai, traduit une dégradation rapide et préoccupante de la situation hydrologique : les niveaux de certains cours d'eau et de 70 % des nappes phréatiques surveillées accusent un retard de deux mois par rapport aux observations de mai 2025. Le mois d'avril 2026 a enregistré un déficit pluviométrique de près de 87 % (le deuxième avril le plus chaud depuis 1947) tandis que mai affiche à son tour un déficit de 20 %. Plusieurs rivières majeures voient leurs débits divisés par deux à cinq selon les zones : la Cagne, le Loup, la Siagne, l'Esteron ou encore l'Artuby approchent dangereusement des seuils d'alerte réglementaires.
Aucune mesure de restriction n'est imposée à ce stade, mais les services de l'État lancent un appel solennel à la mobilisation collective. Particuliers, collectivités et acteurs économiques sont invités à limiter sans attendre leur consommation d'eau : remplissage des piscines, arrosage, bains, lavages divers. La situation pourrait se durcir rapidement : Météo-France annonce une saison estivale plus chaude que la normale, et la fonte des neiges en Haut-Pays, qui maintient pour l'instant certains débits au-dessus des seuils critiques, n'aura qu'un effet temporaire. Si la tendance se poursuit, le préfet pourrait être amené à déclencher l'un des stades supérieurs (Alerte, Alerte renforcée ou Crise) entraînant cette fois des restrictions contraignantes sur les prélèvements et usages de l'eau.