SKEMA Publika invite à repenser la mesure du développement économique
Pour les experts de SKEMA Publika, le think tank de SKEMA Business School, le PIB ne suffit plus à évaluer la puissance des nations. Dans un rapport intitulé "Mesurer le développement au XXIᵉ siècle", ils proposent de dépasser le PIB et d'adopter une vision plus globale pour évaluer la résilience et la capacité d'adaptation des nations.
Comment mesurer le développement d'un pays au XXIᵉ siècle ? Pour les experts de SKEMA Publika, le think tank de SKEMA Business School, les outils traditionnels ne suffisent plus. Dans un rapport intitulé Mesurer le développement au XXIᵉ siècle, une équipe pluridisciplinaire dirigée par Amaury Goguel propose de dépasser les indicateurs classiques comme le PIB ou le revenu par habitant pour adopter une vision plus globale de la performance économique des nations. (Photo : DR).
Pays développés et en développement : des catégories devenues obsolètes
Le constat de départ est simple : la croissance économique et le développement ne recouvrent pas la même réalité. Si le PIB permet de mesurer la production de richesse, il ne renseigne ni sur sa répartition, ni sur la qualité des institutions, ni sur la capacité d'un pays à faire face aux crises. Dans un monde marqué par les bouleversements géopolitiques, technologiques, environnementaux et financiers, les auteurs estiment que les catégories héritées du siècle dernier, opposant pays "développés" et "en développement ", sont devenues largement obsolètes.
Pour y remédier, le rapport propose une approche plurifactorielle fondée sur une dizaine d'indicateurs économiques et financiers. Outre le niveau de vie ou la croissance, sont notamment pris en compte la productivité, les équilibres commerciaux, la soutenabilité de la dette, les réserves de change, l'accès aux financements internationaux ou encore la sophistication industrielle. L'objectif n'est plus seulement de mesurer la richesse produite mais la capacité d'une économie à préserver sa stabilité, financer ses choix, absorber les chocs et maintenir sa souveraineté économique.
Une économie développée n'est pas uniquement une économie riche
Cette approche conduit les auteurs à définir le développement comme une forme de résilience. Une économie développée n'est pas uniquement une économie riche ; c'est une économie capable de transformer durablement la croissance en prospérité tout en conservant sa cohésion face aux perturbations. Le développement devient ainsi une trajectoire plutôt qu'un statut, reposant sur des arbitrages entre puissance, stabilité et adaptation.
Pour illustrer leur méthode, les chercheurs ont comparé les trajectoires des États-Unis, de la France et de la Chine. Les premiers apparaissent comme une puissance financière et monétaire unique, capable d'absorber des déséquilibres importants grâce au rôle international du dollar. La France se distingue par la solidité de ses institutions, son capital humain et sa capacité à transformer la richesse en résultats sociaux. Quant à la Chine, elle incarne une économie hybride, dotée d'une puissance industrielle de premier plan mais encore confrontée à des fragilités financières et structurelles.
De nouvelles dimensions à mesurer
Au-delà de la comparaison entre ces trois grandes économies, SKEMA Publika ouvre un débat plus large sur les critères permettant d'évaluer la puissance et le développement des nations. Pour les auteurs, comprendre le monde contemporain exige désormais de prendre en compte la résilience, la capacité d'innovation, la souveraineté économique et l'aptitude à affronter les crises, autant de dimensions que les indicateurs traditionnels peinent encore à mesurer.