Sommet Lumière : comment sauver le cinéma mondial ?
Coprésidé par les présidents français Emmanuel Macron et coréen Lee Jae-myung, le rendez-vous inédit d’aujourd’hui à Saint-Paul de Vence a réuni plus de 200 talents et décideurs de 60 pays autour de plusieurs initiatives concrètes et d'une Déclaration commune qui fixe les grands principes d'un nouveau multilatéralisme du cinéma et de l'image animée articulé autour de quatre engagements.
Le monde change à une vitesse fulgurante. Le cinéma et l’image animée aussi. Alors que l’intelligence artificielle transforme les conditions de la création, que les publics découvrent de nouvelles façons de vivre les récits à travers les plateformes et que les expériences audiovisuelles occupent une place toujours plus importante dans nos vies, il s’agit d’agir pour que la valeur du cinéma et de l’image animée continue de progresser tant sur le plan culturel qu’économique. C'est tout l’objet du Sommet Lumière, un rendez-vous sans précédent qui s'est tenu ce lundi à la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence. (Photo DR : le monde du cinéma et de l'image animée à Saint-Paul de Vence avec les présidents français et coréen.).
Faire émerger des solutions concrètes
Pour la première fois de son histoire, la communauté mondiale du cinéma et de l'image animée s'est rassemblée à l'occasion de ce “Davos du cinéma”, coprésidé par le président de la République française Emmanuel Macron et son homologue sud-coréen Lee Jae-myung. Plus de 200 talents, créateurs, dirigeants d'entreprises et décideurs publics, représentant 60 pays, régions et organisations internationales, y ont répondu présents, avec l'ambition affichée de dépasser le simple constat des bouleversements du secteur pour faire émerger des solutions concrètes face aux mutations créatives, technologiques, économiques et géopolitiques qui traversent le cinéma, l'audiovisuel et le jeu vidéo, un secteur marqué par une chute de la fréquentation en salles de 40 % en cinq ans.
Le monde de la création représenté par George Clooney, Costa-Gavras ou Michel Hazanavicius
La journée, très orientée business, a pris la forme de tables rondes réunissant studios hollywoodiens, chaînes de télévision, plateformes de streaming, exploitants de salles et éditeurs de jeux vidéo venus du monde entier. Parmi les personnalités annoncées figuraient les dirigeants de Sony Pictures, Disney, Netflix et TikTok, le conglomérat sud-coréen CJ Group, des ministres de la Culture nigérian et sud-africain, ainsi que, côté français, des responsables de Canal+, TF1, France Télévisions et Mediawan. Le monde de la création n'était pas en reste, avec la présence de George Clooney, Costa-Gavras ou Michel Hazanavicius, et le soutien affiché à distance de Martin Scorsese, qui a salué dans un message la nécessité de préserver le patrimoine et la liberté artistique du cinéma.
Les 4 engagements de la Déclaration Lumière
Fruit des échanges menés à Saint-Paul-de-Vence, la Déclaration Lumière a été entérinée par plus de 120 signataires. Elle fixe les grands principes d'un nouveau multilatéralisme du cinéma et de l'image animée, articulé autour de quatre engagements : défendre la valeur irremplaçable de l'œuvre, de la création et de ses auteurs ; soutenir la diversité culturelle ; favoriser l'innovation dans un cadre de partage de la valeur garantissant la juste rémunération des créateurs ; et préserver la place centrale de l'humain dans l'avenir de l'image.
Les initiatives structurantes qui ont été lancées
Le sommet a également été l'occasion de lancer plusieurs initiatives structurantes. Le Partenariat Lumière, porté conjointement par la France et la Corée du Sud, mobilisera à ce jour un milliard d'euros pour soutenir le développement des industries de l'image animée, dont 500 millions d'euros apportés par la France via Bpifrance entre 2027 et 2031.
A été créée par ailleurs IRIS (International Resilience Initiative for Independent Screens), coalition inédite associant notamment le Maroc, la Corée du Sud, le Portugal et la Grèce pour soutenir les salles et distributeurs indépendants, portée par un conseil international de plus de quarante cinéastes parmi lesquels Martin Scorsese, Juliette Binoche, Isabelle Huppert ou Denis Villeneuve.
Le CNC a en outre lancé, avec Netflix, RTL Group et Mediawan, le programme de mentorat Audiovisual Next Gen destiné à de jeunes professionnels du secteur, tandis que l'Alliance Lumière, premier réseau mondial des institutions publiques du cinéma et de l'audiovisuel, a déjà rassemblé 54 agences nationales adhérentes.
L'éducation aux images comme ambition universelle
En accueillant ce sommet, la France entend confirmer son rôle moteur dans l'écosystème mondial de l'image animée, fort de 260 000 emplois et du troisième box-office mondial, tout en réaffirmant l'attractivité du territoire pour les tournages internationaux, les productions étrangères y ayant déjà généré plus de 600 millions d'euros de dépenses depuis le début de l'année 2026. Au-delà des enjeux économiques, les organisateurs ont souhaité inscrire l'événement dans une perspective plus large : la plénière de clôture a ainsi marqué le lancement d'une initiative internationale destinée à faire de l'éducation aux images une ambition universelle, portée comme un investissement essentiel pour l'avenir de la filière autant que pour la capacité des jeunes générations à s'orienter dans un flux ininterrompu de contenus.